Ce que révèle la réaction de ceux qui n'ont pas condamné les attentats de Charlie Hebdo sur l'état de la France

posté le 30/10/2015

" Plus rien ne sera comme avant. C'est ce qu'ont proclamé des politiques, des journalistes... Et puis, certains se sont employés à réinterpréter les événements en désignant les coupables et les complices, à contrôler les mots qu'il convenait de prononcer et ceux qu'il fallait bannir. Pourquoi une telle puissance de déni ? Parce qu'il s'agissait d'éviter à tout prix de poser la question cruciale : si 4 millions de Français ont pu descendre dans la rue, proclamant derrière le slogan "je suis Charlie" (réduit par la suite et jusqu'à l'absurde à l'expression simpliste d'une injonction à l'émotion) un immense "nous sommes la France", encore faut-il se demander qui est ce nous et ce qu'est la France. De ne pas poser cette question, nous nous condamnerons à voir se creuser les fractures et s'infecter les plaies. De ne pas proposer à tous les jeunes Français, d'où qu'ils viennent, l'adhésion à une identité nationale qui leur raconte autre chose qu'un vague catéchisme mâtiné de développement durable et de droits de l'homme pour habiller d'idéal le consumérisme et le spectacle, nous nous préparons le pire des cauchemars : un pays fragmenté, rongé par les haines et les sécessions. Alors, saisissons cette occasion que nous offre le drame et affirmons ce qui nous rassemble, au delà des diversités, à travers la France et la République. " Natacha Polony



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