Suite à l'Éditorial du 13 juin 2015 de Bernard Ferrand, Marc Horwitz, Membre d'ÉGALE donne sur ce que l’on appelle l’« affaire Vincent Lambert » un point de vue.

posté le 15/06/2015

Dans son Éditorial posté le 13 juin 2015, Bernard Ferrand donne sur ce que l’on appelle l’« affaire Vincent Lambert » un point de vue que je partage pleinement.

 

 Sur l’état du patient, je n’en dirai pas plus que lui à cette exception près qu’on ne peut pas dire qu’il « mange ». Il est en fait « nourri » ce qui est bien différent. Disons même que c’est là toute la différence.

 

Je voudrais contester la position, connue, de l’ADMD quand cette association qui milite depuis le début des années 1980 pour l’euthanasie active affirme que Vincent Lambert a bénéficié de la (première) loi Leonetti, celle du 22 avril 2005. Certes, la procédure médico-légale a été suivie à la lettre par le Dr Kariger et son équipe : « Lorsque la personne est hors d'état d'exprimer sa volonté, la limitation ou l'arrêt de traitement susceptible de mettre sa vie en danger ne peut être réalisé sans avoir respecté la procédure collégiale définie par le code de déontologie médicale ». On peut pourtant se poser des questions sur le respect intégral de la deuxième partie de cet article 5 de la loi qui stipule qu’il faut consulter aussi « la personne de confiance ou la famille ou, à défaut, un de ses proches et, le cas échéant, les directives anticipées de la personne ». Très clairement, il n’y avait pas de directives anticipées. Comme dans le projet de loi Clayes-Leonetti qui arrive en débat le 16 juin devant le Sénat, elles doivent prendre une autre « dimension » et être obligatoirement mises en œuvre par l’équipe soignante, on ne peut qu’inciter chacun d’entre nous à les rédiger au plus vite. Mais quand en est-il de la personne de confiance et de la famille ? 

 

À mes yeux, c’est là que réside l’un des vrais « problèmes » dans l’« affaire Vincent Lambert ». La personne de confiance n’avait pas été désignée explicitement (par écrit), mais, mais, mais — et j’y insiste —, en l’absence de directives anticipées, l’épouse de Vincent Lambert ne l’était-elle pas « de fait » ? La famille n’ayant pas de définition juridique dans le Codecivil, ne peut-on pas considérer qu’en l’espèce — et plus encore aujourd’hui après l’arrêt de la CEDH — le mariage donne force et vigueur à la notion de confiance parce qu’elle est consubstantielle « à la signature au bas d’un parchemin » (pour le dire comme Brassens) d’une femme et d’un homme ? 

 

Soutenons Rachel Lambert dans son combat contre tous les intégristes religieux et dans le même temps prenons position, sans ambiguïté, pour la loi Clayes-Leonetti : elle est bien plus que la « moins mauvaise des solutions, car elle ne met pas en danger la liberté de disposer de son corps, que c’est un texte imprégné d’un véritable humanisme, celui qui permet aux personnes en fin de vie de mourir dans la dignité et qui, dans le même temps, permet aux soignants — et d’abord aux médecins — d’accompagner la vie jusqu’aux derniers instants dans le strict respect de l’éthique qui est la leur.

 

Marc Horwitz, Membre d’ÉGALE

Sur la sédation profonde, on lira avec intérêt l’article du Dr Sylvain Pourchet « La sédation en soins palliatifs – Une technique dans le cadre d’un réel projet de soin » paru dans « Accompagner. Trente ans de soins palliatifs en France ». Ouvrage dirigé par le Dr Michèle-H. Salamagne et Patrick Thominet, collection « Quaero », édition Demopolis, Paris, Mars 2015

 



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