UN PROGRAMME LAÏQUE QUI NOUS CONCERNE TOUS

posté le 06/03/2015

UN PROGRAMME LAÏQUE QUI NOUS CONCERNE TOUS

Les ministres, Najat Vallaud-Belkacem puis Bernard Cazeneuve, ont eu le mérite d’annoncer des mesures pour l’application concrète du Principe de laïcité et l’amélioration de la cohésion sociale.

Dans la droite ligne laïque, le ministre de l’Intérieur a dit vouloir privilégier les mesures qui rassemblent et nous savons que la laïcité bien comprise est un formidable outil de paix sociale. 

En particulier, il a appelé à une concertation la plus large possible pour que soient mieux représentés les courants de pensée de nos concitoyens de confession musulmane. Cependant, le ministre a lui-même rappelé que :

« l’État n’a pas vocation à organiser le culte musulman. Il doit fixer des objectifs et des principes.»

C’est donc dans l’esprit de la loi de 1905 que le ministre demande ce dialogue et appelle tous les Français musulmans à se positionner, mais ce n’est pas à lui de constituer cette instance de façon autoritaire.

 

De la même façon concernant l’Éducation nationale, l’intervention de l’État sera effectivement ciblée sur les disciplines et savoirs qui lui incombent : 

la connaissance historique et sociologique des religions, les règles juridiques de leur fonctionnement dans la société, l’histoire et la réalité du principe de laïcité, mais jamais il ne pourra s’agir d’un enseignement théologique ou dispensé par des représentants des cultes.

 

À ces conditions, la volonté de rendre ce diplôme obligatoire pour tous les aumôniers va dans le bon sens.

Même logique lorsque le ministre de l’Intérieur propose la création d’une fondation censée approfondir la connaissance de l’islam, indépendamment de l’aspect cultuel. Il s’agirait, selon le ministre, d’un objectif fixé par l’État, ce qui n’implique pas qu’il en sera l’opérateur.

 

Concernant le financement public, le ministre a rappelé les trois sources de financement  indirect acceptées par le Conseil d’État pour la construction d’édifices du culte. Ce sont les prêts bonifiés, le financement des activités culturelles, et le recours aux baux emphytéotiques. Ces financements utilisés en toute légalité alors même qu’ils détournent l’esprit de la loi de 1905 doivent à minima être équitablement répartis entre tous les cultes.

ÉGALE reste opposé au principe même de ces financements indirects et souhaite qu’à terme la loi de 1905 soit appliquée sans restriction. 

 

Nous dénonçons fermement, comme le fait le ministre de l’Intérieur, l’instrumentalisation de la laïcité par l’extrême droite dont le seul objectif est d’exclure les Français musulmans de la communauté nationale. Ce sont les mêmes élus et dirigeants qui trouvaient normal en décembre dernier d’installer des crèches de Noël dans des Mairies, des Conseils généraux, dévoilant ainsi le peu de cas qu’ils font en réalité de la laïcité.

 

À la fin du mois de janvier, Madame Najat Vallaud Belkacem avait publié 11 mesures pour mettre en œuvre la Refondation de l’école. Nous avons pu constater que non seulement la volonté de transmettre les valeurs de la République y demeure fortement affirmée, mais aussi que des questions brûlantes y sont affrontées. En particulier un effort en faveur de l’égalité, de l’égalité des chances, de la mixité sociale et de la réussite pour tous. Que la mixité sociale qui fait l’honneur de l’école publique soit inscrite ainsi dans le programme ministériel est une nouvelle encourageante. Le chantier est difficile et il est tout à l’honneur de la ministre de s’y atteler. (Voir sur ce site l’analyse détaillée d’Agnès Perrin).

 

Nous ne pouvons qu’approuver l’ensemble de ces mesures, à la condition que leur mise en œuvre soit effective et conforme à la séparation entre les religions et l’État. N’en doutons pas, il y aura comme toujours, sur le terrain, de nombreuses tentatives de détournement et nous exercerons une vigilance sans défaut dans les mois à venir pour les contrecarrer. 

 

ÉGALE prendra sa part de ces efforts qui nous concernent tous : en s’inscrivant dans la réserve citoyenne, mais aussi en intervenant chaque fois que ce sera possible dans la formation des agents de terrain amenés à faire vivre la laïcité au quotidien.

Martine Cerf



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