Laïcité à l'école : un "détournement de fonds publics" vers le privé ?

posté le 26/11/2014

La fédération de parents d’élèves FCPE a dénoncé, ce lundi 24 novembre, le manque de moyens affectés à l’école publique, évoquant un «détournement des fonds publics» au profit des écoles privées à caractère confessionnel. «On a beaucoup parlé ces derniers temps de la laïcité à propos des mamans voilées qui accompagnent les enfants lors des sorties scolaires», se souvient Rodrigo Arenas, dénonçant «un faux problème».

 

«Le vrai problème de la laïcité, c’est le financement des écoles confessionnelles aux dépens des écoles publiques»,

a estimé le secrétaire général adjoint de la première fédération de parents d’élèves, lors d’une conférence de presse à Bobigny. Selon lui, les écoles publiques «ne répondent plus à leurs missions car leurs moyens sont détournés». Selon la FCPE, de nombreuses communes sont dépourvues d’écoles publiques, notamment dans l’ouest de la France, où les parents sont souvent obligés d’inscrire leurs enfants dans le privé, faute d’alternative.

 

«On n’est pas contre l’enseignement privé», précise Guillaume Dupont, responsable FCPE du Maine-et-Loire. «Mais quand les parents souhaitent inscrire leurs enfants dans le public et qu’ils sont assez nombreux (...) l’Etat doit remplir sa mission.» Dans ce département, 83 communes n’ont toujours pas d’école publique, selon la FCPE, alors qu’une cinquantaine d’entre elles ont une école catholique.«Cette situation touche aussi le secondaire», souligne M. Dupont, qui évoque notamment le cas de Beaupréau (sud du Maine-et-Loire), où 30.000 habitants n’ont pas accès à un collège public.

 

«Ca fait 30 ans qu’on demande la construction d’un collège. Aujourd’hui, si vous voulez scolariser vos enfants dans le public, il faut faire 20 kilomètres», s’agace le responsable de la FCPE, qui demande au ministère «de lancer les travaux à la place du Conseil général» si celui-ci «persiste dans son refus».

 

En France, près de 84% des enfants en moyenne fréquentent l’école publique. Un chiffre qui tombe à près de 50% dans certains départements, comme la Vendée ou le Morbihan.



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