Une interprétation inquiétante de l’application de la laïcité à l’école.

posté le 22/10/2014

Une interprétation inquiétante de l’application de la laïcité à l’école.

Auditionnée le 21 octobre dernier par l’Observatoire national de la laïcité, la ministre de l’Éducation nationale réinterprétait à sa façon l’avis du Conseil d’Etat et déclarait : « Le principe c’est que dès lors que les mamans (les parents) ne sont pas soumises à la neutralité religieuse, comme l’indique le Conseil d’État, l’acceptation de leur présence aux sorties scolaires doit être la règle et le refus l’exception. »

 

Cette déclaration remet en cause la circulaire Chatel sur laquelle les enseignants et directeurs d’établissements pouvaient s’appuyer pour faire respecter la neutralité des sorties scolaires qui font, rappelons-le, partie intégrante des enseignements. Madame la ministre interprète à son goût l’avis du Conseil d’État, qui comme, à son habitude, était suffisamment vague pour prêter à diverses interprétations, mais au moins, ne remettait pas en cause cette circulaire.

 

Collaborateurs occasionnels du service d’éducation, les parents-accompagnateurs le sont quand il s’agit de considérer que l’école est responsable d’un éventuel accident au cours d’une sortie, mais il ne le seraient plus quand il s’agit de respecter la neutralité de l’école. Ils bénéficieraient en d’autres termes d’un statut variable, selon le but recherché.

 

Cette contradiction était mise en évidence par Roseline Letteron. Professeur de droit public à l'Université de Paris-Sorbonne (Paris IV), dans Contrepoints.

 

Elle écrivait : « le Conseil d’État n’exclut donc pas que, conformément à sa jurisprudence, l’accompagnateur d’une sortie scolaire soit considéré comme collaborateur bénévole du service public lorsqu’il se fait renverser par une voiture, mais qu’en revanche, il ne soit qu’un usager lorsqu’il s’agit de respecter la neutralité». En somme, un statut variable qui fait des parents-accompagnateurs des usagers qui ont des droits, mais aucun devoir vis-à-vis de l’école. Une belle façon de soustraire les citoyens à leur devoir vis-à-vis de la laïcité : celui de la faire vivre au quotidien, parce que nous en sommes tous des acteurs.

Martine Cerf

Jean-Michel Sahut analyse très précisément la situation des parents accompagnateurs.

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Le communiqué du collectif laïque



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