Ingérence du Vatican dans la vie de nos démocraties

posté le 19/01/2014

Le pape apporte son soutien à la manifestation anti IVG organisée à Paris par  les catholiques traditionalistes et l'extrême droite.

L'ingérence du Vatican dans la vie de nos démocraties, tout particulièrement à propos des droits de la femme, ne se limite pas à l'Espagne. 

Le nouveau pape, si « moderne », aux dires des gazettes, mets tout le poids de l'Eglise catholique dans le combat contre la contraception et le libre choix en matière d'avortement. On savait le rôle majeur de l'épiscopat dans le projet de loi du gouvernement Rajoy, qui vise à supprimer le droit à l'interruption volontaire de grossesse en Espagne. Aujourd'hui le nonce apostolique, représentant du pape en France, apporte son soutien à la manifestation anti IVG (la Marche pour la vie) organisée le dimanche 20 janvier à Paris par des mouvements  catholiques intégristes et la mouvance de l'extrême droite. 

Cette initiative déplorable du Vatican intervient à la veille d'un débat à l'Assemblée, où deux amendements élargissant le droit à l'IVG vont être discutés en plein accord avec le gouvernement. C'est donc un acte délibérément politique. Qu'on nous comprenne bien. Nous ne contestons pas l'expression de désaccords sur le sujet de l'interruption volontaire de grossesse. La liberté d'opinion est un acquis fondamental. Et l'Eglise catholique, en tant que porte-parole d'une famille de pensée, est fondée à exprimer un point de vue négatif sur ce que la majorité de la population considère désormais comme une avancée majeure de la condition féminine. En revanche nous nous étonnons de l'intrusion directe du pape dans le débat démocratique, et de son appui explicite à des forces ouvertement antirépublicaines. 

À vrai dire, depuis l'élection de François Hollande et le vote de la loi sur le Mariage pour tous, la hiérarchie catholique n'a cessé de se poser en adversaire de la gauche, au grand désespoir d'ailleurs de la majorité des vrais croyants et d'une partie des républicains de droite. Le décalage entre cette conception archaïque de la religion et la modernité de la société française est de plus en plus évident. Il faudra bien que nos dirigeants en tirent un jour les conséquences.

Gérard DELFAU Président d’ÉGALE, 19 janvier 2014



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