Il faut soutenir Vincent Peillon

posté le 16/12/2012

Il faut soutenir Vincent Peillon

16-12-2012

Il faut soutenir Vincent Peillon

Il se passe quelque chose d'extraordinaire : le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, a entrepris de redonner à l'école publique une place centrale dans la République, après des décennies où les gouvernements de droite et de gauche (hélas) avaient favorisé l'école privée confessionnelle au détriment de l'école de tous. Il le fait calmement, sans éclats de voix, mais avec détermination. Et ses principales orientations ou décisions méritent d'être rappelées, pour que soit soulignée la cohérence de l'action.

Ainsi, il met en oeuvre, dès cette année, l'engagement de François Hollande de redonner la priorité à l'éducation, en recrutant 40 000 nouveaux enseignants, malgré les critiques de l'UMP. Sur ce sujet au moins la ligne de partage entre la gauche progressiste et la droite conservatrice est claire.

Pour réparer l'aberrante décision de supprimer toute formation des enseignants, prise par Nicolas Sarkozy, il annonce la mise en place d’« écoles professionnelles », héritées des prestigieuses écoles normales, qui firent la grandeur de la IIIe République. Dans le cursus de formation figurera l'enseignement de la laïcité, dans sa triple dimension : historique, juridique et philosophique. Il s'agira d'une discipline à part entière, c'est-à-dire une matière obligatoire et évaluée lors des examens sanctionnant ces études. Les enseignants ayant bénéficié de ces connaissances seront enfin armés pour faire face aux problèmes que posent les manifestations de cléricalisme ou de fondamentalisme dans la vie quotidienne de l'école. Il serait d'ailleurs souhaitable que, dans le cadre de la formation permanente, cette information soit donnée progressivement aux enseignants déjà en poste, et en priorité à tous ceux qui, de nationalité ou de culture étrangère, n'ont pas été sensibilisés dans leur jeunesse à notre concept de laïcité.

De façon complémentaire, le ministre vient d'annoncer qu'il veut réintroduire des cours de « morale laïque » (je dirais plutôt d'approche laïque de la morale) dans l'ensemble du premier et deuxième degré, afin de rendre à l'école publique son rôle d' « instituteur » de la nation. Il tranche par là le débat entre les partisans de l'instruction publique, et ceux qui, comme moi, pensent que l'école de la République a aussi pour mission d'éduquer, aux côtés (et parfois à la place)

des parents. Ce faisant, il réhabilite le métier des enseignants à qui il confie un rôle primordial dans le devenir de la France.

Enfin, malgré les concurrences catégorielles, et parfois corporatistes, il a le courage d'affirmer qu'il faut donner la priorité à l'école maternelle et élémentaire dans cette refondation. C’est un choix de principe que j'approuve ; c'est aussi le résultat d'une contrainte budgétaire que nul ne peut nier. Pour autant, le second degré ne doit pas se sentir abandonné, voire humilié. Le moment est venu de signaux clairs à l'intention des enseignants qui s'y dévouent dans des conditions parfois très difficiles, notamment dans les collèges.

Tel est succinctement et partiellement rappelé le programme d'action du ministre. Nous militants laïques, nous ne pouvons rester indifférents. Où que nous soyons, quelle que soit notre situation et notre profession, nous devons devenir acteurs de cette refondation de l’école publique.

Gérard DELFAU
Président d’EGALE Ancien sénateur 

16-12-2012

Il faut soutenir Vincent Peillon

Il se passe quelque chose d'extraordinaire : le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, a entrepris de redonner à l'école publique une place centrale dans la République, après des décennies où les gouvernements de droite et de gauche (hélas) avaient favorisé l'école privée confessionnelle au détriment de l'école de tous. Il le fait calmement, sans éclats de voix, mais avec détermination. Et ses principales orientations ou décisions méritent d'être rappelées, pour que soit soulignée la cohérence de l'action.

Ainsi, il met en oeuvre, dès cette année, l'engagement de François Hollande de redonner la priorité à l'éducation, en recrutant 40 000 nouveaux enseignants, malgré les critiques de l'UMP. Sur ce sujet au moins la ligne de partage entre la gauche progressiste et la droite conservatrice est claire.

Pour réparer l'aberrante décision de supprimer toute formation des enseignants, prise par Nicolas Sarkozy, il annonce la mise en place d’« écoles professionnelles », héritées des prestigieuses écoles normales, qui firent la grandeur de la IIIe République. Dans le cursus de formation figurera l'enseignement de la laïcité, dans sa triple dimension : historique, juridique et philosophique. Il s'agira d'une discipline à part entière, c'est-à-dire une matière obligatoire et évaluée lors des examens sanctionnant ces études. Les enseignants ayant bénéficié de ces connaissances seront enfin armés pour faire face aux problèmes que posent les manifestations de cléricalisme ou de fondamentalisme dans la vie quotidienne de l'école. Il serait d'ailleurs souhaitable que, dans le cadre de la formation permanente, cette information soit donnée progressivement aux enseignants déjà en poste, et en priorité à tous ceux qui, de nationalité ou de culture étrangère, n'ont pas été sensibilisés dans leur jeunesse à notre concept de laïcité.

De façon complémentaire, le ministre vient d'annoncer qu'il veut réintroduire des cours de « morale laïque » (je dirais plutôt d'approche laïque de la morale) dans l'ensemble du premier et deuxième degré, afin de rendre à l'école publique son rôle d' « instituteur » de la nation. Il tranche par là le débat entre les partisans de l'instruction publique, et ceux qui, comme moi, pensent que l'école de la République a aussi pour mission d'éduquer, aux côtés (et parfois à la place)

des parents. Ce faisant, il réhabilite le métier des enseignants à qui il confie un rôle primordial dans le devenir de la France.

Enfin, malgré les concurrences catégorielles, et parfois corporatistes, il a le courage d'affirmer qu'il faut donner la priorité à l'école maternelle et élémentaire dans cette refondation. C’est un choix de principe que j'approuve ; c'est aussi le résultat d'une contrainte budgétaire que nul ne peut nier. Pour autant, le second degré ne doit pas se sentir abandonné, voire humilié. Le moment est venu de signaux clairs à l'intention des enseignants qui s'y dévouent dans des conditions parfois très difficiles, notamment dans les collèges.

Tel est succinctement et partiellement rappelé le programme d'action du ministre. Nous militants laïques, nous ne pouvons rester indifférents. Où que nous soyons, quelle que soit notre situation et notre profession, nous devons devenir acteurs de cette refondation de l’école publique.

Gérard DELFAU
Président d’EGALE Ancien sénateur 

 

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par Gérard Delfau Président d'Egale



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