A propos du délit de blasphème en Europe

posté le 25/10/2012

A propos du délit de blasphème en Europe

BlasphèmeEGALE n'a pas signé la Déclaration commune des Associations Laïques, Humanistes, Athées et de Libre Pensée intitulée "Non au rétablissement du "Délit de blasphème"! Oui à son abrogation, là où il subsiste !", parce que visant la déclaration conjointe de Madame Ashton, haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, du Secrétaire général de l'OCI (Organisation de la Coopération Islamique),  du secrétaire général de la Ligue des États arabes et du président de la Commission de l'Union Africaine, il nous parait inapproprié. 

EGALE condamne le délit de blasphème et demande son abrogation en France (car il existe toujours sur une partie du territoire), dans l’UE et dans le monde là où il existe encore. La déclaration conjointe mise en cause, n'a pas pour objet de traiter du délit de blasphème mais de condamner tout appel à la haine religieuse et les violences, dans un but d’apaisement tout en réaffirmant la liberté d'expression et, "que toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion" (§3 de la déclaration de l'ONU visée dans la déclaration conjointe).

Certes cette déclaration vient après une nouvelle tentative de certains États arabes de faire adopter par l'ONU une déclaration reconnaissant le "délit de blasphème", tentative que nous condamnons, qui a heureusement échoué et que nous devons toujours combattre. Certes la phrase sur les prophètes n'est pas très heureuse et elle représente une concession sans doute nécessaire pour faire échouer la tentative de reconnaissance du blasphème, mais il faut la prendre dans sa totalité : "Tout en reconnaissant pleinement la liberté d'expression, nous croyons en l'importance de respecter tous les prophètes, quelle que soit la religion à laquelle ils appartiennent." Qui a fait le plus grand pas ?

Il faut également la prendre dans son contexte, c’est-à-dire non séparée du reste du texte dont elle fait partie et de la déclaration 16/18 de l'ONUqui y est citée.

 Bien que relevant des législations nationales, le délit de blasphème existant dans certains pays de l'Union européenne est contraire aux valeurs et aux textes communautaires (Convention européenne de défense des droits de l'Homme, Charte des droits fondamentaux de l'UE, Traité de l'UE).

C'est dans ce sens qu’EGALE s'adressera aux instances communautaires pour qu'elles agissent contre cette atteinte aux libertés fondamentales et aux valeurs et textes européens.

Jean-Claude Boual, secrétaire général adjoint. 25 octobre 2012



.