Maryam Pougetoux ou le devoir de réserve d’une représentante associative

posté le 04/06/2018

Tout citoyen peut se présenter à l’élection d’une présidence d’association. Il n’y a dans le droit français pas d’autres impératifs que celui d’appartenir à ladite association et de remplir les conditions définies dans ses statuts. Maryam Pougetoux a ainsi été élue présidente de la section locale de l’UNEF de Paris IV. Elle s’est ensuite présentée devant les médias en arborant un voile islamique rigoureux. Qu’elle le veuille ou non, sa tenue exprime possiblement trois engagements de sa part (et il s’agit là de ce que les professionnels appellent de la communication non verbale):

 

       1 - Qu’elle est adepte d’une pratique rigoureuse de l’islam.

       2 - Qu’elle défend un ordre patriarcal où les femmes sont soumises aux hommes et n’ont pas les mêmes droits.

       3 - Qu’elle revendique le droit d’afficher son identité musulmane pour se distinguer du reste de la population.

 

Que ce soit pour une ou deux de ces raisons ou pour toutes les trois à la fois, peu importe, cela ne regarde qu’elle. Cependant, en sa qualité de présidente d’association, ce n’est plus ses propres valeurs qu’elle doit mettre en avant, mais celles de l’association. Et c’est précisément là que le bât blesse, car l’UNEF ne défend aucun des trois engagements qu’elle exprime par sa tenue. L’UNEF ne revendique pas une appartenance religieuse particulière, défend l’égalité des hommes et des femmes, et ne soutient pas les revendications identitaires. 

 

En affirmant des valeurs contraires à celles de son association, Madame Pougetoux ne respecte pas son mandat et l’obligation de réserve dans l’exercice de ses fonctions qui en découle. Il faut lire l’article de Didier Leschi dans le Parisien, dont l’argumentation rigoureuse est éclairante sur la question.

Martine Cerf



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