Dites à M. Fillon qu’on est en 2012

posté le 08/03/2012

Lorsque Napoléon Bonaparte, alors premier consul, signe le Concordat avec l’Église catholique, son intention est claire : se rapprocher de l’Église afin d’en faire une alliée et la contrôler. En échange de l’abandon des biens ecclésiastiques, le gouvernement salarie les évêques et les curés. Mais même alors, l’État restait neutre; il ne se prononçait  jamais sur un culte ou sur un dogme.

Déjà le 1er mai dernier, M. Fillon n’avait pas vu en quoi représenter la République à la cérémonie religieuse de béatification de Jean-Paul II posait problème. Aujourd’hui, il s’exprime « à titre personnel » devant le micro d’une radio nationale, pour conseiller aux juifs et aux musulmans de « réfléchir au maintien des traditions qui n’ont plus grand-chose à voir avec l’état aujourd’hui de la science, l’état de la technologie, les problèmes de santé ». Il devrait pourtant savoir qu’en 2012, la séparation des religions et de l’Etat ne lui autorise qu’une seule question : ces pratiques sont-elles ou non conformes à la loi. Si oui, il n’a rien de plus à ajouter, si non, à lui de saisir la justice

Martine Cerf, le 8 mars 2012


.