La stratégie des salafistes et évangélistes pour accroître leur influence sur les syndicats en Suisse.

posté le 30/01/2018

Depuis quelques années, salafistes et évangélistes infiltrent les bases des organisations syndicales pour contourner les principes de la laïcité et s’attaquer, entre autre, aux droits de femmes. 

 

Les différents niveaux de la répresentation et de la défense du personnel 

Les salariés d’une entreprise élisent leurs représentants au sein de 3 instances (délégués du personnel, comité d’entreprise, comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail qui viennent de fusionner en un comité social et économique créé par les ordonnances Macron. D’autre part, les syndicats désignent leurs représentants au sein des entreprises. Or, il est possible d’être tout à la fois élu et mandataire. 

 

Une stratégie bien étudiée

Des salariés fréquentant les mêmes mosquées salafistes et vivant dans les mêmes quartiers se portent candidats aux élections professionnelles, parfois sur plusieurs listes différentes. Lorsqu’ils font campagne, ils n’affichent évidemment pas leurs convictions intégristes. Ils profitent du peu d’engagement des autres salariés au sein de ces structures représentatives pour apparaître comme de bons défenseurs de la cause du personnel. Une fois élus, ils s’entendent pour quitter leur syndicat afin de rejoindre celui qu’ils pensent être le plus puissant. Leur poids au sein du comité social et économique de l’entreprise et de leur nouveau syndicat en sera renforcé d’autant. Ils investissent la base sans chercher à grimper dans la hiérarchie syndicale. Ils ne gênent personne au somment et s’installent en tant qu’élus et délégués du personnel dans les structures de représentation et de défense du personnel. Les évangélistes ont adopté une tactique similaire. 

 

Un véritable poison pour l’égalité homme/femme

Une fois en place, ils répandent leur idéologie antisémite et font tout pour discriminer les femmes et mêmes les dénigrer. Il arrive qu’un représentant des salariés s’attaque à des responsables de la coordination au sein d’une boîte uniquement parce qu’elles sont des femmes. «Pourquoi la direction ne réserve-t-elle pas ces postes aux hommes?» Voilà ce qu’on peut entendre au sein d’un comité d’entreprise de la part d’un élu du personnel car tout est fait pour que les femmes restent ou retournent au foyer. Lorsqu’ils sont majoritaires dans les comités d’entreprise, ils reçoivent une subvention de 0,2 % de la masse salariale brute et décident de leur attribution concernant le financement des œuvres sociales, ce qui accroit encore leur prestige. 

 

La sécurité fragilisée

La présence de ces élus salafistes n’est pas sans conséquence sur la sécurité. Lorsqu’un représentant du personnel d’une société de services repéré comme intégriste n’a pas reçu l’autorisation de se rendre dans le périmètre d’un ministère, sa boîte ne peut le licencier car il est protégé par son statut d’élu. Son employeur préfère parfois lui verser son salaire sans obligation de se rendre au travail. S’il est imam, il peut prêcher tout en restant salarié par son entreprise !

Et même si les salafistes d’entreprise ne sont pas tous terroristes, ce contexte n’a rien de rassurant. Une grande partie des intégristes sont liés au gangtérisme et aux réseaux mafieux, il y a osmose entre les deux explique un cadre qui poursuit : la fragmentation du monde syndical fragilise ses organisations qui deviennent des cibles plus aisées à atteindre par les intégristes. 

 

 

La promotion des femmes : le meilleur remède

Pour lutter contre ce fléau, la meilleure solution apparaît comme la promotion des femmes dans les instances syndicales. La laïcité ne doit pas s’arrêter aux portes des entreprises. Employeurs, syndicats et salariés doivent prendre la mesure de ce fléau et cesser de se montrer laxistes vis à vis des violations répétées de la laïcité. 

 

 

Nelly Fouks d’après Jean Noël Cuénod pour la Tribune de Genève



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