Le rapport sur la liberté de pensée et ses tristes constats

posté le 30/01/2018

 Présenté le 5 décembre au Parlement Européen à Bruxelles par l’IHEU (International Humanist and Ethical Union) le Rapport sur la liberté de pensée est alarmant. 

 

La discrimination des non croyants, une pratique trop courante

Il montre que 85 états discriminent de manière grave et systématique les non croyants, qui constituent pourtant plus d’un tiers de la population mondiale, et sont en croissance constante. 

L’existence et l’aggravation de persécutions actives à l’encontre des non religieux aurait été avérée en 2017 dans sept pays asiatiques et africains, à savoir l’Inde, la Malaisie, les Maldives, la Mauritanie, le Pakistan, l’Arabie Saoudite et le Soudan. Enfin, l’IHEU dénonce avec force l’impunité qu’accordent certaines autorités publiques aux crimes et aux persécutions à l’encontre des non croyants.

 

L’athéisme et l’apostasie passibles de la peine de mort

Publié annuellement depuis 2012, le rapport offre désormais, en ligne, des appréciations relatives à chaque pays. On note la participation de Ensaf Haidar, la militante des droits humains qui s’est  fait connaître pour la campagne qu’elle mène en vue de la libération de son époux, Raif Badawi, et d’autres prisonniers de conscience en Arabie Saoudite, l’un des pays les plus sévères dans sa répression de l’athéisme et de l’incroyance. L’athéisme y est illégal et l’apostasie (abandonner ou de changer de religion) y est toujours passible de la peine de mort ce qui est le cas dans 11 autres états parmi lesquels l’Afghanistan, l’Iran, la Malaisie, la Mauritanie, le Nigeria, le Qatar, la Somalie, le Soudan… . 

 

Des droits bafoués

Le rapport, cinglant, précise :«L'écrasante majorité des pays ne respectent pas les droits des humanistes, des athées et des non-religieux. (...) il y a des lois qui nient le droit des athées à identifier, révoquer leur droit à la citoyenneté, restreindre leur droit de se marier, entraver leur accès à l'éducation publique, leur interdire d'occuper des fonctions publiques, les empêcher de travailler pour l'État ou criminaliser l'expression de leur point de vue et de leur critique de la religion. Dans le pire des cas, l'État ou les acteurs non étatiques peuvent exécuter les non-religieux pour avoir quitté la religion de leurs parents, nier le droit des athées à exister ou chercher à contrôler totalement leurs croyances et leurs actions ».

 

Pouvoir politique et justice aux services de l’intransigeance religieuse

Dans de nombreux pays, des lois criminalisant le blasphème — passible lui aussi de la mort dans six pays dont le Pakistan —, l’offense à la religion ou au sacré offrent non seulement un cadre légal très élastique pour persécuter les incroyants, mais fournissent une justification aux crimes commis par des activistes religieux ou des foules fanatisées lorsqu’elles se rendent coupables de violences à leur égard. De surcroît, le rapport montre que dans ces pays, le pouvoir politique comme la justice ont manqué de détermination pour dénoncer ou punir ces abus et ces crimes, et ce, sans compter les disparitions et assassinats extrajudiciaires envers lesquels l’impunité est généralement la règle. 

 

Nelly Fouks 



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