Hongrie : école publique cédée

posté le 22/12/2011

En Hongrie, en raison de graves difficultés financières, de nombreuses municipalités cèdent leur école publique à des organisations religieuses peu respectueuses de la liberté de conscience des enseignants et des élèves. Une école paroissiale reçoit maintenant plus d’argent par étudiant qu’une école publique…

Crédit photo : ujkatolikus.hu

C’est la grande braderie ! Ces derniers mois, près de 70 établissements scolaires publics ont été cédés à des institutions religieuses, la plupart à l’Église catholique, mais aussi à l’Église réformée et à l’église évangélique luthérienne. La seule école de la commune de Sáta, dans le nord-est du pays proche de la frontière slovaque, a même été abandonnée par la municipalité en faillite à une communauté bouddhiste locale. Elle n’avait plus les moyens de la chauffer en hiver. Dettes importantes, subventions de l'État en baisse, diminution du nombre d’élèves, beaucoup de municipalités ne sont plus en mesure d’entretenir leurs écoles et se débarrassent du fardeau financier qu’est devenue pour elles l’éducation primaire et secondaire.

Le phénomène n’est pas nouveau mais il s’est considérablement accéléré avec l’adoption en juin d’une loi assouplissant les conditions de transfert des établissements publics vers les institutions religieuses privées : les municipalités ne sont plus tenues de co-financer l’établissement pendant une période de cinq ans comme auparavant. Une aubaine pour les communes endettées. Conséquence : à la rentrée de septembre, le nombre d’écoles gérées par des institutions religieuses a bondi de 25%. Ces écoles transférées - qui jusque là étaient financées conjointement par l'État et les municipalités – fonctionnent désormais avec l’argent public des subventions octroyées aux institutions religieuses. Sauf que l'État n'a plus aucun droit de regard sur leur utilisation. Une école paroissiale reçoit aujourd'hui plus d'argent par étudiant qu’une école publique.



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