Georges Bensoussan ou la laïcité et la liberté de penser en procès.

posté le 26/01/2017

GEORGES BENSOUSSAN OU LA LAÏCITÉ ET LA LIBERTÉ DE PENSER EN PROCÈS.

Accusé d’incitation à la haine raciale par le Collectif contre l’Islamophobie pour avoir évoqué l’antisémitisme arabe en citant un sociologue d’origine algérienne, l’historien comparaît au tribunal le 25/01/2017.

 

 

Sur dénonciation du Collectif contre l’Islamophobie, Georges Bensoussan, historien, responsable éditorial du mémorial de la Shoa est cité à comparaître devant la 17ème chambre correctionnelle.

Que lui reproche-ton ? d’avoir, au cours de l’émission Répliques d’Alain Finkielkrault diffusée sur France Culture, cité le sociologue Smaïn Laacher qui parle d’ « un antisémitisme quasi naturel et déposé sur la langue ». Mais Georges Bensoussan ose une métaphore pour résumer ce propos et parle d’un antisémitisme tété avec le lait de sa mère.

Aussitôt, une vingtaine de pétitionnaires adressent une lettre de protestation au CSA. Parallèlement, le Mrap déclare «vouloir faire citer Georges Bensoussan devant le tribunal correctionnel pour injures racistes et provocation à la haine» tandis que les sites Palestine Solidarité et oumma.com se déchaînent à leur tour. Sous la plume de Jacques-Marie Bourget, dans Oumma, on peut lire notamment, après une série d'insultes contre Finkielkraut et Bensoussan : «Si personne ne vient crier halte à la haine, armons-nous et préparons dès maintenant la guerre civile.»

En mars 2016, le Collectif contre l'islamophobie en France dénonce au procureur de la République les propos de l'historien. Ce dernier est convoqué et entendu à deux reprises l'été dernier par la police judiciaire. Le parquet a le choix de donner suite ou non. Il décide de poursuivre, décision extrêmement lourde de sens pour Georges Bensoussan et ceux qui le soutiennent, d'Elisabeth Badinter à Marceline Loridan Ivens, en passant par Haïm Korsia, le grand rabbin de France, la démographe Michèle Tribalat ou l'écrivain Pascal Bruckner, lui-même traîné en justice en novembre dernier par les Indigènes de la République.

 

L’antisémitisme arabe, un non-dit qui doit le rester

L’historien se retrouve donc face un procès de la liberté de parole intenté sur toile de fond d’une peur innomée, l’antisémitisme culturel dans le monde arabe et maghrébin. L’idéalisation des rapports de la minorité israélite avec la majorité musulmane en terre d’Islam reste un must de la bien-pensance non historique. D’ailleurs, les deux ouvrages que l’historien consacre à ce sujet ne trouvent d’autre écho que la chape de plomb qui recouvre ce tabou.

 

Boualem Sansal, précieux soutien

L’écrivain soutien Georges Bensoussan et sera présent au procès à travers une lettre qui défend l’historien. Une solidarité précieuse aux yeux de l’accusé, blessé de devoir affronter un tel procès dans son pays, laïque et républicain. Que le CCIF veuille faire taire les hommes libres, c’est logique. Que ses accusations soient reprises par la justice française est beaucoup plus dur à supporter.

 

Egale apporte bien évidemment son soutien à l’historien.

 

Egale d’après Martine Gozlan dans Marianne. 



.