La laïcité sera-t-elle évoquée dans le débat des primaires à gauche ?

posté le 19/12/2016

La laïcité sera-t-elle évoquée dans le débat des primaires à gauche ?

Alors que la campagne pour les primaires de gauche n’a pas encore commencé, on peut prévoir que certains se prononceront résolument sur le sujet, tandis que d’autres au contraire l’éviteront soigneusement. Sans doute faudra-t-il classer dans cette dernière catégorie l’ancien ministre de l’Éducation nationale, Benoît Hamon, pour qui, lorsque des femmes sont dans l’impossibilité de sortir librement dans les cafés de leur quartier, cela lui rappelle simplement qu’« historiquement, dans les cafés ouvriers il n’y avait pas de femmes. » Ce ne serait donc pas si grave. Un non-problème en quelque sorte qui ne vaudrait même pas la peine d’être évoqué.

 

Cela impliquerait-il que, comme lui, il faudrait renoncer à dénoncer cet état de fait ? Faudrait-il accepter des privations de liberté pour les femmes comme un phénomène naturel ? Faudrait-il se plier aux préceptes religieux les plus rétrogrades, même s’ils contreviennent aux valeurs républicaines ? Faudrait-il recommander aux femmes d’attendre patiemment quelques siècles que ceux qui habillent leur sexisme d’oripeaux dits religieux cessent de le faire ? Et par quel miracle (laïque) cela se produirait-il, si les républicains ne font rien pour cela ?

 

En tout cas il paraît évident que Benoît Hamon n’est concerné ni par les libertés des femmes ni par l’égalité femmes-hommes et qu’il ne voit pas la nécessité d’agir contre des phénomènes que l’histoire justifie pleinement. Les ministres Pascale Boistard et Laurence Rossignol, dont nous connaissons l’engagement sans faille, devront compter sur d’autres soutiens.

 

Quant à nous, à ÉGALE, nous questionnerons les candidats à l’élection présidentielle et nous publierons les réponses, ou les non-réponses obtenues, ainsi que les prises de position ou les actions de chacun d’entre eux. Il sera ainsi possible de juger si l’engagement laïque des candidats est réel ou s’il n’est qu’un affichage opportuniste.

Martine Cerf

 



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