Délit d'entrave à l'IVG.

posté le 30/11/2016

 DÉLIT D’ENTRAVE À L’IVG

 

L’épiscopat français, vent debout contre le projet de loi d’interdiction des sites qui cherchent à dissuader les femmes d’avorter, s’immisce à mauvais escient dans le débat politique. 

 

Jeudi 1/12, une proposition de loi destinée à élargir le délit d’entrave à tous les sites diffusant des informations biaisées sur l’avortement et soutenue par la ministre de la Famille, Laurence Rossignol, sera débattue à l’Assemblée. 

 

Ce texte ne plait pas à une partie de la droite parlementaire. Plus grave, elle offusque également les milieux catholiques au point que Mgr Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France, dénonçant une atteinte grave aux libertés, en a appelé directement lundi à François Hollande pour qu'il fasse échec à cette création funeste d'un délit d'entrave numérique à l'IVG. 

 

À l’heure où la France s’apprête à fêter le 111e anniversaire de la loi de 1905 instaurant la séparation des Églises et de l’État, cette ingérence de l’épiscopat français dans la législation du pays est aussi intolérable qu’effrayante. D’autant que le cardinal et archevêque de Paris, Monseigneur Vingt-Trois, renchérissait sur ce thème en pointant  "l'obsession qui pousse le gouvernement à choisir le point précis de l'avortement comme point d'intervention plutôt que les sites de radicalisation terroriste".

 

Une désinformation, puisque le gouvernement a légiféré pour interdire les sites de propagande islamiste et interdire leur consultation.

 

On ne peut que saluer la réponse d’Hugues Fourage, porte-parole des députés socialistes qui a rappelé : "nous sommes dans un État laïc et nous refusons que la loi soit dictée par des considérations spirituelles, qui doivent rester du domaine du personnel et de l'intime". 

 

"L'IVG est un droit fondamental qui ne peut être remis en cause par des informations biaisées, tronquées ou mensongères… Des groupes de militants intégristes utilisent aujourd'hui des sites pour désinformer des femmes sur ce qu'autorise la loi et sur ce qu'elle interdit, notamment les délais légaux" pour avorter.  "Cela relève du délit d'entrave, qui est déjà réprimé" et "nous ne faisons qu'élargir ce délit au numérique", a-t-il précisé. 

 

Cette mise au point nous semble essentielle surtout à l’heure où l’IVG et plus particulièrement son interdiction, portée par la droite traditionaliste, s’invite dans les débats politiques. 

Nelly Fouks

 

Lire aussi l'article : L'Express |  29.11.2016 : accès

 

 



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