Enseignement. Le privé progresse en Bretagne

posté le 20/10/2016

Enseignement. Le privé progresse en Bretagne

La carte

Publié le 20 octobre 2016 à 00h00 Alain Le Bloas • Modifié le 20 octobre 2016 à 06h33

En Bretagne, entre 2002 et 2012, les effectifs de l'enseignement privé ont plus progressé que ceux du public. Particulièrement dans les collèges. Une situation qui inquiète la FSU, syndicat qui a commandé ce diagnostic à l'Université de Rennes 2.

Le sujet de l'étude ? Une comparaison en Bretagne, notamment en termes d'effectifs, entre l'enseignement public et l'enseignement privé, de 2002 à 2012. L'enseignement à retirer de ce travail réalisé par le laboratoire Espace et Société de l'Université Rennes 2 ? Une progression nette de l'enseignement privé.

Côté collèges, cette décennie 2002-2012 a été marquée par la croissance du privé dans le Morbihan (+ 12,7 % contre - 0,3 % au public) au point de devenir majoritaire (52,4 %) dans ce département. Une tendance qui se vérifie aussi en Ille-et-Vilaine (+ 12,9 % pour le privé contre + 7,5 % pour le public) et dans le Finistère (+ 4 % contre - 1,1 %). Seules les Côtes- d'Armor résistent (+ 7 % dans le public, + 1 % dans le privé) « en raison du maillage de petits collèges de proximité », observe Jean-Marc Cléry, du syndicat FSU commanditaire de ce travail inédit.

Dans les lycées, la situation est plus équilibrée avec une poussée du privé dans le Morbihan et le Finistère et une progression du public dans les Côtes-d'Armor et l'Ille-et-Vilaine.

Un rapport de forces à 60-40

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Où sont les écoles publiques, où sont-elles absentes ? Quelles sont les

perspectives de natalité au vu des pyramides des âges ? Quels sont les territoires attractifs qui laissent augurer de forts besoins d'enseignement ? Comment s'articulent les parcours des élèves entre les deux réseaux d'enseignement ? C'est à toutes ces questions que répondait l'étude, publiée sous forme d'un atlas régional détaillé au niveau des cantons ou des pays et riche d'une cartographie précise et abondante.

Pourquoi ce travail ? « Il y a aujourd'hui un modus vivendi public-privé à 60-40 % qui semble faire consensus mais qui n'est pas satisfaisant pour nous, commente Jean-Marc Cléry. Nous disposions, bien sûr, de données démographiques mais nous avons voulu les compléter et obtenir une vision prospective territorialisée de la demande d'enseignement.

Un lien avec les restrictions à l'accueil dès 2 ans

Durant deux ans, l'enseignant-chercheur géographe Olivier David (élu depuis président de l'Université) et l'ingénieur d'études géomaticien Arnaud Lepetit, ont donc croisé et analysé les données de l'Insee et du rectorat sur 2002-2012, sans oublier de tenir compte d'événements comme les fermetures de collèges. L'étude a aussi permis d'établir la corrélation - jusqu'alors pressentie mais pas démontrée - entre les restrictions à l'accueil des enfants dès 2 ans dans le public et les évolutions qui ont suivi : - 2,6 % dans le public contre - 0,7 % dans le privé.

Si les auteurs de l'étude se sont bien gardés de sortir de la neutralité scientifique, la FSU s'est saisie de ce travail pour en faire un argumentaire charpenté au service de ses convictions au premier rang desquelles la « présence partout du service public de l'enseignement ».

Le syndicat pointe en particulier les secteurs où se concentrent les communes sans école publique. Pour lui, le monopole laissé au privé dans certains secteurs est la conséquence de choix politiques, surtout lorsque ces territoires abandonnés par le public connaissent (ou connaîtront) des

hausses sensibles de population.

Il regrette aussi les fermetures de classes ou même d'écoles publiques là où la population diminue. « Cette politique, mise en oeuvre surtout dans les Côtes-d'Armor et le Morbihan, éloigne les familles du service public et les écoles privées risquent, à terme, de devenir le recours comme écoles de proximité ».

Atlas régional « Étude sur les dynamiques démographiques et l'évolution des effectifs scolaires en Bretagne », 72 pages, sur commande à fsu.bretagne@fsu.fr
Contact : 14, rue Papu, 35000 Rennes, tél. 06.78.39.72.68. 



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