« Comment j'ai sauvé mes enfants », le combat militant d'une mère

posté le 12/01/2016

« Comment j'ai sauvé mes enfants », le combat militant d'une mère

Le livre, en librairie depuis le 6 janvier 2016, 

de Nadia Remadna,

fondatrice de la Brigade des mères, relate la vie à Sevran et rappelle qu'il est urgent de stopper la complaisance envers les intégrismes et de redonner une qualité de vie à ces quartiers.

Nadia Remadna, 53 ans, travaille dans un centre social : "Ça fait des années que je travaille sur le terrain, j’ai vu ce qui se passait, je me suis dit pourquoi ce sont toujours nos enfants qui trinquent. J’ai créé l’association en 2012." 
La brigade des mères s'occupe aussi bien des jeunes exclus des lycées que des femmes victimes de violences ou d'arrêter les bagarres dans les rues de Sevran.
Reportage de France Culture complet à découvrir ici : CLIQUER 

 


© DR

Du commissariat à la case prison

Le livre est une succession de scènes du quotidien aux côtés de Nadia. En sa compagnie,  on court avec ses mères fragilisées et souvent totalement démunies du commissariat au tribunal et du tribunal à la prison. Un cercle désespérant mais d'une grande banalité ici. On comprend alors que Nadia avec l'intelligence, la générosité et le caractère bien trempé qui la caractérisent, se soit insurgée contre cette misère, ce fatalisme, cette inertie des institutions. Et mis toute son énergie là pour soutenir une femme expulsée par son mari et condamnée à passer ses nuits sur le parking du Quick, ici pour épauler, consoler toutes celles à qui on a retiré leurs enfants sans qu'elles aient pu se défendre.

Un cri de guerre

"Debout les mères réveillons-nous ! ", le cri de ralliement de la Brigade sonne comme un cri de guerre. Depuis 2004, année de sa création par Nadia, le mouvement a fait des émules. Fatima, Nadira, Véro et des dizaines d'autres l' ont rejoint. Flanquées de leurs gilets blancs brodés des lettres "Brigade des mères", les bénévoles sont sur tous les fronts : dans la rue le soir pour demander aux enfants de remonter chez eux et ne pas traîner, aux côtés des femmes pour traduire un dépôt de plainte au commissariat ou encore à l'Elysée pour interpeller le Président de la République sur le fait que les mères des quartiers ne sont jamais consultées par les politiques. La question de la laïcité que ces femmes réclament de toute urgence, est au coeur du livre, un thème majeur pour de plus en plus de femmes issues de l'immigration comme la féministe Bouchera Azzouz.

L'auteur n'épargne personne

Alors tout le monde en prend pour son grade. Les services sociaux, les établissements scolaires démago, les profs totalement démotivés, la directrice qui a laissé une mère voilée pénétrer dans l'enceinte de son école laïque, les responsables de la mairie et leur clientélisme complaisant envers les "barbus", les professionnels de la justice trop pressés de classer sans suite les plaintes des mères en panique. Un livre pourtant plein d'humour pour décrit une jungle dans laquelle une poignée de femmes  défendent,  amour au poing,  les derniers remparts d'une république bafouée... à 15 km de Paris.

A voir sur internet

- La brigade des mères en vidéo

- L'entretien avec la féministe Bouchera Azzouz

- Le site de la brigade des mères de Sevran

 



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