Journée nationale de la laïcité : La loi de séparation des Églises et de l’État doit aussi être appliquée en Alsace et à l’Université de Strasbourg.

posté le 09/12/2015

Journée nationale de la laïcité :
La loi de séparation des Églises et de l’État
doit aussi être appliquée en Alsace et à l’Université de Strasbourg. (Communiqué du SNESUP-FSU de l’Université de Strasbourg, le 9 décembre 2015)

Instituée depuis 2013, la Journée natonale de la laïcité a une résonance toute partculière en Alsace et en Moselle, une région et un département où perdure l’excepton concordataire du fait d’une histoire singulière mais également d’une volonté politque de préserver un archaïsme supposé relever d’une « identté régionale ».

Le 9 décembre 2015 marque le 110e anniversaire de la loi de 1905 de séparaton des Églises et de l'État. Alors même que la transmission de la laïcité et des valeurs de la République était au cœur de la mobilisaton de l'École et de l’Université après les atentats de janvier, ceux de novembre 2015 semblent paradoxalement occulter l’urgence de cete mobilisaton.

Syndicat résolument laïque, le SNESUP-FSU a rappelé dans son rapport de juin 2015 que « la laïcité doit protéger la société de toute forme de discriminaton et non produire, par son instrumentalisaton, des efets de stgmatsaton, que ce soit par l’État, des groupes politques ou des individus ». La loi du 9 décembre 1905 a enraciné la laïcité dans les insttutons de notre République, qui se déclare ainsi laïque en assurant « la liberté de conscience » tout en garantssant « le libre exercice des cultes sous les seules restrictons édictées [...] dans l'intérêt de l'ordre public ». La laïcité n’est pas une croyance mais un principe consttutonnel mis en œuvre par la loi de 1905.

En vertu du principe consttutonnel d’indivisibilité de la République, la laïcité a vocaton à s’appliquer sur tout le territoire natonal, y compris en Alsace-Moselle et au sein de l’Université de Strasbourg. Le SNESUP-FSU de l’Université de Strasbourg considère que tout « statut des cultes » dérogatoire doit disparaître et qu’aucun établissement public n’a vocaton à dispenser une formaton cultuelle. Cete harmonisaton des rapports entre les cultes et l’Université de Strasbourg doit pouvoir se faire progressivement, après concertaton.

Également toujours en vigueur dans les trois départements concordataires, la loi Falloux de 1850 rendant l’enseignement religieux obligatoire à l’école doit être abrogée, tout comme le délit de blasphème, ainsi que le propose un projet de loi des sénateurs.

Rappelons que les ministres des quatre cultes reconnus par le concordat napoléonien et ses lois organiques (catholique, israélite, calviniste et réformé) sont fonctonnaires de l’État français et à ce ttre rémunérés sur le budget de l’État pendant leur actvité et leur retraite. La rémunératon des enseignants de religion est également prise en charge par l’État. Il en coûte environ 60 millions d’euros par an à tous les contribuables, qui ignorent pour la plupart cete utlisaton de l’argent public. Cete dispositon archaïque et coûteuse - notamment en période de restricton budgétaire dans la foncton publique - est contraire à la loi de 1905 ainsi qu’aux principes d’égalité entre les citoyens et d’universalité de la dépense publique.

Les deniers publics ainsi économisés pourraient permetre de fnancer la mise en place de l’enseignement laïque du fait religieux par les enseignants d’histoire et de philosophie dans le cadre de l’École publique. Ces fonds pourraient également aller aux associatons qui ont de plus en plus de mal à être présentes sur le terrain, ou être utlisés pour développer une véritable politque culturelle, en partculier dans les quarters les plus défavorisés de nos villes.

Le SNESUP-FSU rappelle que la laïcité garantt le vivre ensemble dans des contextes où la pluralité et la diversité de la France consttuent une richesse, en permetant de concilier la liberté de chacun et la concorde sociale. La laïcité protège les citoyens contre l’assignaton identtaire et contre toutes les formes de dominaton liées aux croyances dogmatques - et partculièrement celle des hommes sur les femmes - et consttue une protecton politque et sociale contre les intégrismes et leur instrumentalisaton.

 

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