Quand la laïcité redevient un combat.

posté le 10/11/2015

Quand la laïcité redevient un combat

 

Le président de l’université de Paris 13, Jean-Loup Salzmann, vient de mettre à pied Samuel Mayol, directeur de l’IUT de Saint-Denis. Quand on voit le zèle que déploie ce président pour chercher des griefs pour attaquer son directeur d’IUT, on ne peut qu’être écœuré par son absence de réaction quand il avait été informé par Samuel Mayol des dysfonctionnements graves constatés à l’IUT.

 

Il n’a rien fait pour mettre fin aux détournements de fonds public par des professeurs peu scrupuleux, n’a rien dit quand la police a découvert des tapis de prière dans une salle occupée par une association. Il aura attendu pour agir, qu’un rapport de l’IGAENR (Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche) le lui enjoigne, après avoir confirmé tous les dires de Samuel Mayol et  dénoncé l’inertie de la présidence.   

 

Il reste inacceptable que ce haut fonctionnaire soit resté sourd aux alertes du directeur de son IUT. Comme il est inacceptable qu’il ne tienne aucun compte des multiples menaces de mort faite à l’encontre de ce même collaborateur et ne prenne aucune mesure pour garantir sa sécurité. Comme il est révoltant qu’il s’acharne aujourd’hui contre lui.  

 

Les collaborateurs de l’IUT, choqués de cette mise à pied, ont publié un communiqué pour dire leur indignation. Samuel Mayol va se battre pour défendre son honneur et un âpre combat juridique s’annonce. Il importe qu’ils sachent tous qu’ils ne sont pas seuls.  EGALE continuera d’épauler Samuel Mayol et son équipe. Le Premier ministre, les élus et les militants laïques qui ont applaudi à la remise du prix de la laïcité à Samuel Mayol à l’Hôtel de Ville de Paris, ce 26 octobre, l’ont fait en connaissance de cause. 

 

Force est de constater cependant que maintenir la laïcité en France aujourd’hui ou élargir nos libertés se conquiert encore par un combat.  Contre les fanatiques religieux de tous bords qui veulent les rogner, mais aussi contre ceux qui se font leurs complices, par clientélisme politique, par simple peur, ou parce qu’ils acceptent qu’au nom de lois religieuses, on puisse renoncer aux droits humains, qui sont pourtant le terreau de la République. 

 



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