Nos éditoriaux

Des prises de position publiques dans le débat démocratique et politique.

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Nous n’en sommes pas encore à examiner les mesures concrètes prises par le nouveau gouvernement. Seules quelques phrases, lâchées çà et là, peuvent inquiéter. Comme celle de la secrétaire d’État aux droits des femmes, pour qui « l'égalité femmes-hommes doit tenir compte de la spécificité des territoires » ou le ministre de l’Intérieur qui se déclare partisan d’une « conception apaisée de la laïcité ».

 

Par quelles actions concrètes s’illustreront ces petites phrases pas forcément rassurantes ? Par une application différenciée de la loi selon les territoires dans le premier cas ? Par de l’argent public généreusement donné à tous les cultes, sous couvert de financements culturels dans le second ? Les antécédents de ces deux personnalités peuvent le faire redouter.

 

Mais il ne s’agit pas de faire des procès d’intention. Attendons ce que seront les mesures précises. Rappelons cependant que l’égalité devant la loi implique une loi unique s’appliquant à tous également. Ce principe est le fondement même des États de droit et de notre République. Notre Constitution reprend la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, dont le premier article dit : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ».

 

Quant au financement des cultes, alors qu’il était proscrit dans la loi de Séparation du 9 décembre 1905, il ne cesse d’être élargi par la jurisprudence du Conseil d’État. À l’heure où les augmentations des salaires des fonctionnaires et des retraites sont bloquées pour combler le déficit budgétaire, où les écoles ont besoin de plus d’enseignants qualifiés, il serait plutôt indécent de continuer à chercher les moyens de contourner la loi pour accorder des fonds supplémentaires aux cultes.

Martine Cerf

publié le 05/07/2017

Lettre ouverte à Élisabeth Guigou, ancienne ministre de la Justice

 

Madame la Ministre,

Vous êtes en campagne et vous sollicitez les suffrages de citoyens d’une république laïque dont la devise est : « liberté, égalité, fraternité ».

 

Est-ce pour montrer votre attachement à ces valeurs que vous arborez un hijab pour rendre visite à nos concitoyens musulmans à la mosquée

de Pantin ? Vous n’y étiez nullement obligée, d’autant que vous briguez un mandat représentatif des citoyens de la circonscription… de tous les citoyens.

 

Quelle liberté défendez-vous exactement ? Celle des hommes qui veulent imposer le port du hijab à toutes les femmes musulmanes, ou celle des femmes qui risquent parfois leur vie pour ne pas être obligées de le porter ?

 

Quelle égalité est donc la vôtre ? Celle des femmes soumises à un ordre patriarcal ou celle des femmes libres de faire leurs choix de vie ?

 

À l’heure où la Grande Mosquée de Paris récuse le port du voile comme une obligation et écrit dans sa Proclamation des droits des femmes dans l’islam de France : « … il faut retenir le principe général d'une tenue vestimentaire pudique en toutes circonstances et non pas les vêtements précis qui sont cités », vous confortez les plus rigoristes en arborant la tenue qu’ils prétendent imposer.

 

Les citoyens républicains et laïques que nous sommes sont extrêmement choqués de cela. Nous sommes très inquiets des messages d’encouragement que vous envoyez à tous ceux pour qui les règles religieuses sont au-dessus de nos lois.

 

Nous sommes désolés qu’après tant d’années d’implication dans la vie politique vous décidiez d’ignorer les difficultés des citoyens et des citoyennes confrontés à ces pratiques patriarcales. Désolés de voir les signaux positifs que vous envoyez aux tenants d’un islam rigoriste et minoritaire, au mépris de la majorité qui attend de ses élus une défense sans faille de leurs libertés. 

 

Recevez, Madame la Ministre, nos salutations résolument laïques et républicaines, malgré vous.

Françoise Laborde - Martine Cerf

publié le 10/06/2017
Emmanuel Macron est élu Président de la République.

Le pire est écarté au moins pour les cinq ans à venir. Il reste maintenant à savoir si ce nouveau président pourra gouverner. Dès dimanche soir, les déclarations politiciennes reprenaient leurs droits et les appels à la « guerre législative » se sont succédé. Il semble que les partis écartés de l’élection présidentielle cherchent à prendre une revanche qui consiste avant tout à bloquer la politique du président élu.

 

Pourtant l’élection présidentielle a largement démontré la lassitude des citoyens devant ces manœuvres d’appareils. Les électeurs ont mis en demeure leurs élus de se préoccuper d’eux d’abord. Malgré cela, on a retrouvé la logique négative dont nous avions vu les méfaits dans les interminables débats parlementaires, plombés par des centaines d’amendements déposés dans le but unique de faire échouer le parti adverse. Exactement ce que les citoyens ont rejeté. Il faudra pourtant arriver à obtenir des résultats en termes d’égalité et de diminution du chômage.

 

ÉGALE restera centrée sur les sujets cruciaux que sont l’égalité et les libertés garanties par la laïcité.

- Nous continuerons de veiller au respect de la laïcité par les pouvoirs publics.

- Nous continuerons de demander son application sur la totalité du territoire de la République.

- Nous continuerons également de défendre l’école publique et son caractère émancipateur et fédérateur et de demander que partout sur le territoire, il soit possible d’y inscrire ses enfants.

- Nous continuerons de défendre nos libertés contre tous ceux qui voudraient les restreindre, en particulier la liberté d’expression, la liberté de conscience, la liberté d’avoir recours à l’IVG, la liberté de contraception, etc.

- Nous continuerons de contrer les atteintes à l’égalité, nous dénoncerons le racisme sous toutes ses formes, la xénophobie, le communautarisme.

- Nous continuerons de chercher les moyens de rendre effective l’égalité entre les hommes et les femmes, principe qui figure dans notre droit, mais n’en finit pas de ne pas passer dans la réalité.

publié le 08/05/2017

Deux candidats sont en lice  et il s’agit de choisir entre deux projets de sociétés opposés. D’un côté, Marine Le Pen, héritière de l’extrême droite qui avait enfanté le gouvernement de Vichy en 40, propose une société xénophobe, raciste, qui tourne le dos aux valeurs républicaines. Elle assène des mensonges grossiers, mais redoutablement efficaces. Ses solutions miracles ne seront jamais mises en œuvre et il suffit d’examiner ses actions passées pour le comprendre, car les actes parlent plus que les mots. Elle dit défendre la laïcité, mais elle ne fait que mettre les musulmans en accusation et promouvoir les seules « racines chrétiennes » de la France. Son collègue Ménard, maire de Béziers est traduit devant les tribunaux pour incitation à la haine. Elle dit vouloir défendre les droits des femmes quand elle vote contre des mesures effectives au Parlement européen.  Elle dit défendre les plus faibles, mais ne fait qu’exploiter leur désespoir pour se faire valoir. Son parti s’est opposé au délit d’entrave à l’IVG au Parlement. Pour l’école, sa seule recommandation est de « garantir » la liberté de scolariser son enfant dans le privé…

 

C’est la République et ses valeurs qui sont menacées, les libertés des citoyens, l’égalité, la fraternité et la solidarité, l’Union européenne et les espoirs qu’elle porte toujours malgré son manque de cohésion et de politique sociale.

 

C’est pourquoi le temps n’est pas aux tergiversations et aux demi-mesures que sont le vote blanc ou l’abstention. Il faut voter pour Emmanuel Macron, résolument, car il est le seul candidat à porter les valeurs républicaines. On peut être en désaccord avec son programme, mais on sait au moins que son action ne remettra pas en cause les valeurs sur lesquelles la France s’est construite, celles sur lesquelles elle a fondé l’Union européenne. On sait qu’il défendra l’égalité des droits et nos libertés. 

 

À ÉGALE, nous savons aussi qu’avec lui comme président, nous devrons rester vigilants pour l’obliger à consolider la laïcité quand elle sera menacée par la non-application des lois existantes, par le clientélisme d’élus locaux, par le déni des agissements intégristes ou encore par des subventions versées indûment  à des associations cultuelles masquées. Mais n’est-ce pas déjà ce que nous faisons sans cesse depuis la création d’ÉGALE en 2003 ?

Martine Cerf
publié le 27/04/2017

Nous nous étions engagés à vous donner les réponses des candidats au questionnaire élaboré par le Collectif laïque. Malheureusement, seul Benoît Hamon a pris le temps de traiter toutes les questions. François Asselineau a répondu dans les grandes lignes en nous renvoyant à son programme, tandis que La France insoumise nous exprimé leur regret d’avoir reçu trop de sollicitations pour pouvoir répondre en temps et en heure.

Voir la réponse de Benoît Hamon. (Cliquer)

Je vous engage donc à vous procurer le n° 1290 de Charlie hebdo, encore en vente dans les kiosques, dans lequel un cahier spécial reproduit les réponses reçues à leur demande d’engagement sur trois points :

1 - ne pas modifier la loi du 9 décembre 1905.

2 - n’introduire aucun aménagement particulier à l’égard d’une communauté religieuse.

3 - ne jamais introduire un délit de blasphème dans la législation.

 

Vous pouvez consulter ici l’article introductif de Gérard Biard auquel nous souscrivons. J’y ajouterai que Jean-Luc Mélenchon mentionne explicitement le Dictionnaire de la laïcité dans lequel il avait écrit dès 2011 l’article « blasphème ». 

 

Enfin,  je terminerai par une superbe perle de Marine le Pen qui indique dans sa réponse : «… Je me félicite que la Chancellerie ait récemment précisé que le délit de blasphème ne peut plus être appliqué en Alsace-Moselle. Il convient cependant d’aller au bout du processus, et que le législateur abroge expressément le « délit de blasphème » du droit local ». Il faut croire qu’elle est fort peu préoccupée par cette question, car il lui a manifestement échappé que l’abrogation du délit de blasphème en Alsace et en Moselle a été votée au Sénat puis à l’Assemblée nationale fin 2016 et acceptée par le Conseil constitutionnel en début d’année !

Martine Cerf

publié le 19/04/2017

Si ÉGALE n’a pas vocation à faire campagne pour l’un ou l’autre candidat, notre association étudiera de près les propos et les écrits des candidats à l’élection présidentielle sous l’angle de la laïcité et de l’égalité. Pour cela il faut avoir bien isolé les critères à prendre en compte afin d’évaluer leur degré réel d’attachement au principe de laïcité. Une première liste non exhaustive en fait apparaître trois, incontournables.

 

 1 . La défense de l’école publique,

avec une question récurrente : les investissements publics continueront-ils d’être détournés vers le privé ?

Le candidat envisage-t-il d’ouvrir enfin des établissements publics dans les secteurs où il n’y en a pas et où les parents sont obligés de payer pour la scolarité de leurs enfants ?

Maintiendra-t-il l’effort de pédagogie à la citoyenneté et à la laïcité entamé dans la réforme des programmes ?

 

2. La défense des libertés.

Le candidat maintiendra-t-il la séparation des églises de l’État ou compte-t-il accentuer la dérive vers le dialogue institutionnel avec les cultes et les financements indirects? Sera-t-il attentif à ce qu’attend la majorité des Français qui se disent athées ou sans religion ou écoutera-t-il plutôt ceux qui veulent interdire « le blasphème », le droit l’IVG, et récusent le droit de choisir sa fin de vie ?

 

3. La défense de l’égalité femmes-hommes.

Le candidat est-il prêt à inscrire la non-discrimination en raison du sexe dans l’article 1 de la Constitution, à pénaliser les propos sexistes à l’égal des propos racistes, comme le recommande le rapport Jouanno ? 

 

Ce dernier point n’est pas à négliger, car défendre l’égalité femmes-hommes, c’est aussi faire barrage aux idéologies rétrogrades portées par les bigots qui s’opposent ouvertement à nos droits et à nos libertés.

Martine Cerf
publié le 09/02/2017

Le favori, Benoît Hamon, ne cesse de s’embourber dans des justifications alambiquées qui esquivent les vraies questions sur la laïcité. Avec force circonvolutions, il justifie qu’après tout, il n’est pas choquant que des espaces publics d’où l’on exclut les femmes, puisqu’« historiquement, dans les cafés ouvriers, il n'y avait pas de femmes… ». Comme tous ceux qui font du clientélisme sur le terrain, il capitule devant les exigences et les pratiques inacceptables des adeptes d’un islam rigoriste importé d’Arabie Saoudite. Il oublie que ceux-là ne représentent qu’une minorité. Il reste sourd aux propos pourtant limpides d’une Djemila Benhabib, d’une Lydia Guirous, d’une Nadia El Fani, d’un Boualem Sansal, d’un Mohamed Sifaoui et de tant d’autres qui se battent pour la liberté et plaident pour que les politiques appliquent la laïcité sans compromission, afin qu’elle joue rôle de bouclier contre le fanatisme.


Peu importe à Benoît Hamon que des femmes puissent être exclues. Lui qui s’offusquerait avec raison s’il existait des cafés où l’on refuse l’entrée à des noirs ou à des juifs (ce qui a historiquement existé), ne trouve rien à redire quand il s’agit de femmes. Il comprend, il admet, il excuse, il ignore…


Rien de tel avec Manuel Valls quand il déclare [1] : « face au communautarisme qui mine notre modèle républicain, j’incarnerai avec force la laïcité et je ne céderai aucun pouce de terrain sur ce sujet.… Aucune femme ne peut être exclue d’un lieu public, d’un espace public. » Il a compris en effet que le temps n’est plus aux affirmations précautionneuses ou en demi-teinte qui ne font qu’encourager les prises de position contraires aux valeurs républicaines et à la cohésion sociale.


Trois candidats à la primaire avaient affirmé leur attachement à la laïcité, sans ambiguité : François de Rugy, Vincent Peillon et Manuel Valls. Il n’en reste qu’un en lice et quel que soit le résultat de cette primaire, il paraît certain que nous pourrons compter sur les doigts d’une seule main les candidats à la présidentielle décidés à faire respecter les valeurs républicaines, la laïcité et l’école publique.


Martine Cerf

[1] déclaration du 22 janvier 2017 au soir.

 

 

 

publié le 25/01/2017

Alors que la campagne pour les primaires de gauche n’a pas encore commencé, on peut prévoir que certains se prononceront résolument sur le sujet, tandis que d’autres au contraire l’éviteront soigneusement. Sans doute faudra-t-il classer dans cette dernière catégorie l’ancien ministre de l’Éducation nationale, Benoît Hamon, pour qui, lorsque des femmes sont dans l’impossibilité de sortir librement dans les cafés de leur quartier, cela lui rappelle simplement qu’« historiquement, dans les cafés ouvriers il n’y avait pas de femmes. » Ce ne serait donc pas si grave. Un non-problème en quelque sorte qui ne vaudrait même pas la peine d’être évoqué.

 

Cela impliquerait-il que, comme lui, il faudrait renoncer à dénoncer cet état de fait ? Faudrait-il accepter des privations de liberté pour les femmes comme un phénomène naturel ? Faudrait-il se plier aux préceptes religieux les plus rétrogrades, même s’ils contreviennent aux valeurs républicaines ? Faudrait-il recommander aux femmes d’attendre patiemment quelques siècles que ceux qui habillent leur sexisme d’oripeaux dits religieux cessent de le faire ? Et par quel miracle (laïque) cela se produirait-il, si les républicains ne font rien pour cela ?

 

En tout cas il paraît évident que Benoît Hamon n’est concerné ni par les libertés des femmes ni par l’égalité femmes-hommes et qu’il ne voit pas la nécessité d’agir contre des phénomènes que l’histoire justifie pleinement. Les ministres Pascale Boistard et Laurence Rossignol, dont nous connaissons l’engagement sans faille, devront compter sur d’autres soutiens.

 

Quant à nous, à ÉGALE, nous questionnerons les candidats à l’élection présidentielle et nous publierons les réponses, ou les non-réponses obtenues, ainsi que les prises de position ou les actions de chacun d’entre eux. Il sera ainsi possible de juger si l’engagement laïque des candidats est réel ou s’il n’est qu’un affichage opportuniste.

Martine Cerf
publié le 19/12/2016
Non, il ne fallait pas ouvrir la boîte de Pandore.

Cet arrêt du Conseil d'État est inacceptable en soi, et il est catastrophique au plan politique :

1. Il va provoquer une surenchère entre les religions : pourquoi refuser à l'une ce que l'on concède à une autre ? Intégristes musulmans, mouvements juifs ultra-orthodoxes et fondamentalistes protestants, entre autres, ne manqueront pas d'invoquer cet arrêt pour justifier leur demande d'une présence dans les espaces de la Fonction publique, et demain dans les contenus de l'enseignement public. Il ouvre la boîte de Pandore.

2. Il fragilise la loi de 2004, portant interdiction des signes religieux à l’école, durement attaquée par les Églises et structures confessionnelles, et il affaiblit sur ce point la position de la France dans les instances internationales.

3. Il offense les athées, les agnostiques, les libres penseurs et plus généralement les laïques, qu'ils soient croyants ou non-croyants, à qui il refuse le droit à la neutralité de la Puissance publique, considéré comme un acquis depuis plus d’un siècle. Au fond, il les considère comme des citoyens de seconde zone, à partir d’une prétendue tradition ou de considérations qui n’ont aucun fondement juridique : qu’est-ce que le « culturel » et le « festif », au regard du principe républicain de liberté de conscience ?

4. Il offre à des élus de droite extrême et d'extrême droite le prétexte à une agitation politicienne, qui nourrira plus encore le cancer du populisme, le jour même où il remporte une inquiétante victoire aux États-Unis, et alors que s’ouvre chez nous une délicate période électorale.

Bref, bien loin d’apaiser les contentieux, il va les multiplier au bénéfice d’appareils confessionnels et de dirigeants politiques sans scrupule.

Décidément la Haute Juridiction vient de prendre une décision qui méconnaît notre Histoire, qui manque de lucidité sur l’état de la France, et qui sera source de discordes civiles.

Gérard Delfau

 

 

publié le 12/11/2016

Le Conseil d’État doit se prononcer prochainement sur la possibilité d’installer des crèches de Noël dans les mairies. La rapporteure du Conseil d’État, Aurélie Bretonneau a considéré que le principe de neutralité « n’interdit pas d’installer des crèches sur le domaine public », en oubliant que la laïcité en France n’est pas que la neutralité de l’État, mais également la séparation des Églises et de l’État. 

Autoriser sous condition l’installation de crèches de Noël dans les mairies ne saurait être acceptable ni conforme à l’article 28 de la loi de Séparation du 9 décembre 1905. Cet article dit très clairement : «Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. »

Le caractère religieux d’une crèche de Noël ne fait aucun doute. Une crèche est une représentation de la naissance d’un enfant dit fils de dieu et dieu lui-même, à côté de sa mère dite «  Immaculée conception », c'est-à-dire les deux éléments emblématiques qui fondent la religion catholique et elle seule. Cet affichage est donc bien contraire à l'article 28.

D’ailleurs si les crèches n’étaient cultuelles, comment expliquer leur installation systématique dans toutes les églises où se célèbre la messe de minuit le 24 décembre ?

Aurélie Bretonneau conclut  « Nous ne croyons pas que le contexte de crispations sur la laïcité vous impose d’instruire par principe le procès de la crèche ». Étrange façon d’inverser la situation ! Depuis l’apparition récente de crèches dans certaines mairies, la question est posée à l’envers. Les laïques sont accusés de vouloir interdire les symboles religieux dans les bâtiments publics, alors qu’ils le sont depuis plus d’un siècle. La seule question légitime serait : pourquoi veut-on introduire maintenant des symboles religieux là où ils sont interdits ?

La laïcité est un principe qui a pacifié notre société. Cela ne veut pas dire que toutes les religions doivent dorénavant occuper les espaces de la République, mais qu’elles en sont toutes exclues. Marianne ne siège pas à côté d’un crucifix, d’un croissant ou d’une menorah. Aristide Briand, rapporteur de la loi de Séparation explicitait ainsi cette interdiction devant les députés : «L'article [28] ne s'applique qu'aux emplacements publics, c'est-à-dire qui sont la propriété soit de l'État, soit du département, soit de la commune. Ce domaine est à tous, aux catholiques comme aux libres penseurs. C'est lui seul que nous avons voulu soustraire aux manifestations religieuses prenant la forme d'emblèmes ou de signes symboliques »

Chaque symbole religieux doit donc rester dans le bâtiment qui lui est dévolu. Les représentations du Christ à l’église, les croissants à la mosquée, les menorahs à la synagogue. C’est cela qui a pacifié notre société et vouloir y renoncer c’est courir le risque de faire naître à nouveau des tensions entre les citoyens.

La séparation est garante de nos libertés, car le législateur peut se déterminer librement,  indépendamment de toute prescription ou morale religieuse. Reprenons encore les propos d’Aristide Briand devant les députés : « A mon avis, messieurs, l'État a le droit, je considère même qu'il a le devoir de reprendre en matière confessionnelle sa pleine et entière liberté »…mais il n'est pas une liberté dont jouisse ce pays qui n'ait dû être conquise sur les résistances acharnées de l'Église »

Si l’on doutait de l’actualité de ces propos, citons quelques-unes des libertés conquises grâce à la laïcité : la contraception, la légalisation de l’IVG, le mariage pour tous, la sédation en fin de vie… Sans la séparation, le législateur n’aurait pu les voter.

 

N’oublions pas l’exemple de pays où il n’y a pas de séparation, comme en Pologne ou en Hongrie : ces libertés sont inexistantes ou gravement menacées et il s’en est fallu de peu qu’elles ne reculent en Espagne.

 

Le Conseil d’État doit trancher clairement en faveur d’une application précise de notre droit, qui ne déforme pas l’intention du législateur et ne laisse aucune zone d’ombre préjudiciable au bon fonctionnement de la justice.

Martine Cerf

 

publié le 22/10/2016

Accuser l’Éducation nationale de mettre dans ses programmes l’enseignement de la théorie du genre est une ineptie. Les propos tenus par le pape François renvoient au qualificatif que des prêtres obscurantistes donnaient à l’école publique au début du XXe siècle lorsqu’ils l’appelaient « l’école du diable ». Cette accusation relève d’une stratégie politique relayée en France par tous les partis et mouvements catholiques intégristes : la « Manif Pour Tous », la fondation Lejeune, Civitas entre autres, qui fourbissent leurs armes en prévision des élections de 2017.

 

Les vieux mensonges que l’on croyait éculés seront recyclés pour servir les mêmes combats, auxquels le Saint-Siège n’a pas renoncé : abolir l’égalité entre les hommes et les femmes, revenir sur des libertés plus récemment acquises comme le mariage pour les homosexuels, la contraception, l’IVG. Pour cela les républicains de gauche comme de droite se doivent de rester fermes sur la démocratie et la laïcité, c’est-à-dire la séparation des Églises et de l’État, qui empêche tout clergé d'imposer des règles dites divines à la société.

 

Cette séparation avait commencé par la création de l’école publique et des enseignements laïques, ce n’est pas un hasard si c’est à cela que ses ennemis s’attaquent violemment. 

 

Nous voilà maintenant prévenus : c’est la même stratégie qui a partiellement réussi en Espagne (avant d’échouer sur l’abrogation de l’IVG) et qui est en œuvre aujourd’hui en Hongrie et plus encore en Pologne où la démocratie et les libertés, dont celle d’avoir une IVG, sont battues en brèche. N’en doutons pas, cette stratégie se révélera au grand jour en France si les élections de 2017 confient la direction politique à un parti complaisant aux revendications d’idéologues religieux.

Nous saluons la mise au point très nette de la ministre de l’Éducation, Najat Vallaud Belkacem, tout en déplorant qu’un ancien ministre, Emmanuel Macron trouve acceptable que pour certains les lois religieuses soient au-dessus des lois nationales.

 

Faut-il donc rappeler cette évidence que si chacun est libre de penser et de croire ce qu’il veut, ses actes en revanche doivent impérativement respecter le cadre de la même loi républicaine, librement élaborée par les représentants du peuple ?

Françoise Laborde et Martine Cerf

publié le 03/10/2016

Le Conseil d’État vient de clarifier le sens du droit et a rejeté le principe des arrêtés municipaux interdisant le port du burkini.

 

Tout a été dit et écrit à ce sujet et il est important à présent de sortir du piège tendu : provoquer la République pour qu’elle interdise cette pratique et que les supports de l’islamisme politique puissent clamer haut et fort que la France est « institutionnellement islamophobe ». Un moyen bien rodé pour tenter d’isoler nos concitoyens musulmans, faire passer la laïcité pour intolérante et obtenir en retour de multiples « accommodements » déraisonnables afin de respecter la « liberté religieuse ».

 

Il faut maintenant se centrer sur les véritables questions qui se posent en cette rentrée, particulièrement pour la laïcité :

 

- le développement de la pédagogie de la laïcité, à l’école comme dans la société,

- la production de livres et modules pédagogiques sur la laïcité,

- les interventions dans le cadre de la réserve citoyenne à l’école…car il nous faut lutter contre la propagation d’une idéologie totalitaire qui cherche à imposer un modèle de société où les hommes et les femmes ne seraient plus libres et égaux, mais contraints de respecter des places définies par un dogme religieux rétrograde.

 

Exactement ce pour quoi la Séparation a été prononcée en 1905 :

pour empêcher toute religion impérialiste de peser sur nos libertés et sur l’égalité. 

Martine Cerf

Voir l’entretien de Catherine Kintzler sur Figaro Vox 

publié le 27/08/2016
Paris le 20 juillet 2016

En demandant le retrait de l'article 1bis A du projet de loi " travail" actuellement en troisième lecture au parlement, l'Observatoire de la Laïcité se trompe gravement :
- Il se trompe sur la forme et sa mission
- Il se trompe en droit

- Il se trompe sur la nature des problèmes qui se posent à la société française.

- Il se trompe sur la forme et, en particulier, sur sa mission : le décret qui a créé l'Observatoire et qui définit ses missions ne l'autorise en rien à s'immiscer dans un processus législatif, au beau milieu de celui-ci et de faire ainsi injonction aux élus du peuple. Faut-il lui rappeler que les travaux du Parlement ne sont contraints que par les règlements de nos deux assemblées et, a posteriori, que par les décisions du juge constitutionnel ? Les " juristes " de l'Observatoire feraient bien de respecter le droit.

- Il se trompe en droit quand il parle de l'insécurité juridique qu’induirait cet article, introduit à la demande de nombreux laïcs, et qui prévoit que le principe de neutralité de l'entreprise peut être inscrit dans son règlement intérieur. Car cette insécurité, elle existait et c'est celle qu'a subie la directrice de la crèche Baby Loup pendant des années sans que ne s'en émeuvent jamais les responsables de l'Observatoire. L'insécurité, c'est celle de l'entreprise Paprec qui a fait adopter une charte de la Laïcité par accord d'entreprise qui pouvait être cassé à tout moment par un tribunal faute de fondement juridique. Les responsables de l'Observatoire en sont-ils restés à une conception archaïque de l'entreprise qui ne serait qu'une juxtaposition d'individus dont il faudrait protéger les libertés individuelles, sans voir qu'elle est souvent devenue une communauté de destin où l'on peut élaborer des projets communs, construire du " commun" ?

- Il se trompe encore plus gravement sur la nature des problèmes qui se posent à la société française et que la tragique série d'attentats qui la frappe rendent encore plus sensibles : plus que jamais, les Républicains, les vrais, doivent distinguer les religions et le libre exercice de leurs cultes que la République doit protéger, et les intégrismes, les fanatismes religieux que la République doit combattre sans faille, avec fermeté et détermination. C'est cela la laïcité, un équilibre entre droits et devoirs. Et l'obsession de la garantie de la liberté ne doit pas entraîner la faiblesse dans la lutte contre les intégrismes. C'est une question centrale sur laquelle l'Observatoire continue, hélas, de se tromper gravement.

Jean GLAVANY – Patrick KESSEL – Françoise LABORDE

Membres de l’Observatoire de la Laïcité 

publié le 20/07/2016

La Cour d’appel de Reims a confirmé le 8 juillet le jugement rendu le 10 mars par le juge des tutelles de Reims confiant à Rachel Lambert, l’épouse de Vincent, la tutelle de son mari.

 

On voudrait croire que cette décision marque la fin du calvaire de cet homme de 40 ans aujourd’hui, en état de « conscience minimale » depuis un accident de la circulation survenu en 2008. On voudrait le croire, mais on est loin d’en être certain tant une partie de sa famille (ses parents et deux de ses frères et sœurs) sont farouchement opposés à une fin de vie provoquée, et ont su trouver, pour la contester, l’appui (bénévole ?) de juristes compétents, accrocheurs et retors.

 

L’« affaire Vincent Lambert » comme on l’appelle maintenant a en effet connu de nombreux rebondissements, depuis cette date de décembre 2012 où le Dr Eric Kariger, gériatre, chef de pôle de l’unité de soins palliatifs du CHU de Reims, avait donné son accord pour organiser une réflexion autour d’une éventuelle « obstination déraisonnable », l’équipe médicale décidant en avril 2013 d’arrêter l’alimentation. A deux reprises, le 11 mai 2013 puis le 16 janvier 2014, saisi par les parents de Vincent, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, annule la décision des soignants. L’affaire est alors portée devant le Conseil d’Etat qui, le 24 juin 2014, juge légale la décision du Dr Kariger.

 

Le même jour la CEDH, également saisie, suspend cette décision en attendant de se prononcer au fond. Le 5 juin 2015 puis, à nouveau saisie, le 8 juillet, la CEDH estime que l’arrêt de soins ne viole pas la Convention européenne des droits de l’homme. Le 15 juillet, le CHU de Reims informe la famille de l’ouverture d’une nouvelle procédure en vue de l’arrêt des traitements. Les parents déposent alors une plainte contre le CHU pour mauvais traitements. Le 23 juillet, le docteur Daniela Simon, nouvelle responsable de la décision collégiale, décide contre toute attente de ne pas stopper l’alimentation. Pour expliquer sa décision, elle fait valoir que « les conditions de sérénité et de sécurité nécessaires à la poursuite de la procédure ne sont pas réunies », compte tenu des risques encourus par le patient et les soignants. Un blog anonyme a même proféré des menaces d’enlèvement. Elle renvoie au ministère de la Santé pour la suite à donner au dossier.

 

Le 10 mars 2016, le juge des tutelles de Reims remet la tutelle de Vincent Lambert à sa femme. Le 16 juin, la Cour administrative d’appel de Nancy décide que la procédure d’arrêt des soins doit reprendre. Le 8 juillet, la Cour d’appel de Reims confirme le jugement du 8 mars.

 

Deo gratias, c’est le commentaire que l’on trouve, répété, sur les blogs consacrés à l’« affaire » de ceux pour qui la justice divine prime non seulement sur celle des hommes, mais sur la simple humanité. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que, enfermés dans leur logique fondamentaliste, les parents de Vincent Lambert entérinent le jugement du 8 juillet qu’ils ont d’ailleurs jugé « délirant » ; se préparer plutôt à des actions violentes et illégales. L’intégrisme religieux est le même partout.

Alain Azouvi
publié le 10/07/2016

Un cavalier législatif introduit subrepticement par amendement d’élus bretons[1] dans la loi relative à la nouvelle organisation territoriale de la République [2] a modifié la loi dite Carle pour les écoles dispensant un enseignement de langue régionale. 

 

Ainsi, « le maire de la commune de résidence dont les écoles ne dispensent pas un enseignement de langue régionale ne peut s'opposer, y compris lorsque la capacité d'accueil de ces écoles permet de scolariser les enfants concernés, à la scolarisation d'enfants dans une école d'une autre commune proposant un enseignement de langue régionale »[3].

 

Jusqu’à présent, arguant des capacités d’accueil dans son école publique, la commune pouvait refuser de financer la scolarité de ses résidents dans une école d’une autre commune. La  logique de l’usager consommateur se développe et continue de s’imposer à la relation institutionnelle historique école-commune. Ainsi le consommateur au nom de « sa liberté d’enseignement » impose à sa collectivité publique l’obligation de financer ses choix particuliers pour se scolariser dans une autre commune. 

 

 La « liberté d’aller et venir » est tout aussi fondamentale que la « liberté d’enseignement », cependant, ceux qui refusent les transports en commun ont, au moins, la décence citoyenne et le sens de l’intérêt général en ne revendiquant pas le financement public de leur course en taxi.

 

 Avec cette nouvelle entorse aux principes républicains, échappant à la vigilance laïque, les autres établissements privés, confessionnels ou non, pourront ultérieurement revendiquer les mêmes concessions au nom de l’égalité constitutionnelle des citoyens. 

 

 Ainsi progresse la marchandisation scolaire par l’aggravation de la loi Carle pourtant promise à abrogation lors de la dernière campagne de l’élection présidentielle.

 Eddy KHALDI
publié le 07/06/2016

Depuis quelques jours s'exprime enfin le ras le bol des femmes.

 

 

Ras le bol d'être traitées comme des objets au service d'hommes qui n'ont pas compris où se trouvait leur propre dignité.

Ras le bol du mépris, des petites phrases désobligeantes, des gestes déplacés, du harcèlement considéré comme un marqueur de virilité.


Trop longtemps nous nous sommes tues, traçant notre chemin en serrant les dents et contribuant ainsi à faire croire que cela devait être accepté comme une fatalité inévitable.

 

Il était temps de rompre ce silence, car seules les femmes peuvent arriver à mettre fin à ces pratiques. Seules elles peuvent lutter contre ce fléau avec assez de détermination pour arriver à l'éradiquer. Si ce n'est par le dialogue et la persuasion, ce sera par la justice.


Remercions ces 17 d'entre nous qui ont signé le texte : "nous ne nous tairons plus". Rejoignons-les pour dire que nous n'acceptons plus l'inacceptable, avec, à nos côtés, les hommes, nombreux, qui savent depuis longtemps que respecter l'autre, c'est se respecter soi-même.

 

Lire dans "La suite de l'article..ici." L'appel des 17.

 

Martine Cerf
publié le 15/05/2016

Les réactions indignées se succèdent après la manifestation du « hidjab day » organisée à Sciences Po pour faire la promotion du port du voile.

 

Faire abstraction de la signification politique du port du voile, comme manifestation de l’islam politique pour voir dans cet événement une simple démonstration sympathique et une peu exotique constitue une complaisance inacceptable, un déni de la réalité.

 

Accepter les allégations de ceux qui clament que le voile ne serait qu’une expression de la liberté des femmes qui décident de le porter est une imposture.

Est-ce une « liberté » que de se faire injurier quand on refuse de se soumettre ? Quand ce n’est pas se faire assassiner ? Il faut dire sans faiblesse que le port du voile est d’abord un étendard de l’islam politique.

 

Une façon de s’affirmer dans l’espace public, de se banaliser. Il est rejeté par les femmes qui se battent pour leur liberté et pour disposer de droits identiques aux hommes.  

 

Certaines ont perdu la vie dans ce combat et c’est bien évidemment pour elles que nous devons soutenir leur lutte pour leur émancipation.

 

Nous devons continuer de dire que la laïcité leur offre la possibilité de vivre comme elles l’entendent, sans devoir renoncer à leurs libertés. 

Martine Cerf

Lire les réactions de Djemila Benhabib et Lalia Ducos au "Hidjab day"

publié le 30/04/2016

 Définitivement acquis, les droits des femmes ? 

Dépassé, le combat des femmes pour la libre maîtrise de leur corps et de leur fécondité ? 

 

C’est ce que d’aucuns voudraient nous faire croire. Pourtant, l’expérience nous montre que rien n’est jamais acquis et qu’il est  inconséquent de baisser la garde. « L’affaire » de la suppression du Pack contraception par la nouvelle majorité de la  Région Île de France, doit être envisagée à cette aune. 

 

Ce Pack, dispositif gratuit et anonyme d’information, de prévention et d’accès à la contraception à destination des jeunes lycéens, avait initialement été mis en place en région Poitou Charentes, puis généralisé dans les autres régions. Sa suppression, aussi inopinée que subreptice, a causé un émoi certain lorsqu’elle a été révélée. Des associations féministes et le planning familial, entre autres, ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme un signal très inquiétant.

 

Mauvais procès répond la Région qui invoque que trop peu de packs ont  été  distribués pendant la précédente mandature et que sa ligne  budgétaire n’a pas été exécutée en 2015. Sa décision,  estime-t-elle, ne fait que ne formaliser un abandon déjà effectif.

 

Une telle décision, que la Région Île de France est, pour l’heure, seule à avoir prise, ne mérite sans doute ni excès d’honneur ni d’indignité mais elle ne doit pas pour autant laisser indifférent. 

 

On peut d’abord regretter la disparition d’un dispositif dont le caractère innovant – il s’adresse à la fois aux jeunes filles et aux garçons, ce qui est bien rare  – n’a pas été assez valorisé.

On peut ensuite s’étonner d’un raisonnement à la Gribouille qui, pour remédier à une utilisation insuffisante du pack, y met un coup d’arrêt. 

Il est également difficile de ne pas s’interroger sur la dimension idéologique d’une telle suppression lorsqu’on connait la proximité de plusieurs colistiers de Valérie Pécresse avec La Manif pour tous et ses satellites. D’autant que procéder ainsi, en catimini, n’est pas pour rassurer sur l’innocence des acteurs.

On peut enfin s’inquiéter de la portée symbolique d’une telle décision, dans un contexte international  où les offensives contre les droits des femmes à disposer de leur corps se multiplient.

 Laure Caille
publié le 22/04/2016

Le projet de loi Travail a été adopté en cette fin du mois de mars par le conseil des ministres.

 

L’exposé des motifs qui a peu de chance de varier au cours de la discussion parlementaire précise qu’il s’agit de « donner au dialogue social une place beaucoup plus importante  dans la définition des règles sociales » pour passer «  d’une culture  de l’affrontement à une culture  du compromis et de la négociation ». Chiche !

 

Malheureusement, comme souvent, le diable se cache dans le détail.  

 

Dans ce texte de 52 articles, le débat politique et économique porte sur la négociation en entreprise et les nouvelles souplesses données aux employeurs en matière de temps de travail. Cependant une disposition, le sixième principe énoncé par l’article premier, attire l’attention de ceux qui veillent au respect de la laïcité dans notre arsenal législatif. 

 

À cet endroit il est inscrit: "la liberté du salarié de manifester ses convictions, y compris religieuses, ne peut connaître de restrictions que si elles sont justifiées par l'exercice d'autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l'entreprise et si elles sont proportionnées au but recherché."

 

Cette disposition présente le risque majeur de stimuler d'éventuelles manifestations religieuses sur le lieu de travail et, ce faisant, d’engendrer prosélytisme et communautarisme, ce qui irait à contre-courant de l’exposé des motifs.

 

Or les pratiques religieuses ne devraient pas avoir de place dans les entreprises le principe de neutralité devant prévaloir. Ce n’est pas le cas aujourd’hui à la seule exception notable des entreprises de conviction. 

Dans un pays où 84% des salariés souhaitent que l’entreprise soit un lieu neutre, et où la plupart croient que c’est effectivement le cas, la réalité légale et judiciaire énonce jusqu’à présent le contraire: la liberté de religion y est la règle. Et la disposition  de l’article 1 du projet de loi El Khomri voudrait garder le statu quo : cet article est dangereusement conservateur. 

Bernard Ferrand
publié le 27/03/2016

     Kamel Daoud, journaliste et écrivain algérien, affirme dans différentes interviews vouloir « arrêter le journalisme », « être fatigué de tout ça ». 

     En lisant ces quelques lignes, je m’imagine déjà que l’Imam salafiste qui a lancé une fatwa contre lui en 2014 pour « apostasie et hérésie » a gagné, que l’obscurantisme le plus vil a réussi à user cette voix de la révolte. Que nos amis de Charlie ont perdu une bataille. 

 

     Mais, il n’en est rien !  

 

     Non, le coup le plus dur, celui qui renvoie le journaliste au mur du silence, celui qui fait le plus « peur » à l’écrivain est porté par un collectif d’universitaires, par des confrères confortablement assis dans leur posture savante. Ils accusent Daoud, l’algérien menacé et protégé de la vindicte islamiste, « [d’]alimenter les fantasmes islamophobes d’une partie croissante du public européen, sous le prétexte de refuser tout angélisme. » 

     Après l’affaire Élisabeth Badinter qui a secoué violemment l’Observatoire de la laïcité et déchainé les plumes acerbes du ban et de l’arrière-ban de la sociologie, de l’anthropologie et de l’ethnologie, voici donc l’affaire Daoud. Elle relance une fois de plus le procès en islamophobie et pour paraphraser cette voix que l’on veut faire taire, cette vindicte collective l’offre « en pâture à la haine locale sous le verdict d'islamophobie qui sert aujourd'hui aussi d'inquisition. » 

 

     Comment peut-on rester silencieux face à un tel refus de la liberté d’expression au nom d’un soi-disant respect des cultures ? 

 

     Comment ne pas plonger dans notre histoire, celle de nos grandes plumes, comment ne pas penser aux autodafés, aux fatwas catholiques lancées contre Voltaire, contre Diderot, contre l’esprit des Lumières ?

 

     Comment ne pas voir que cet esprit souffle bien trop faiblement derrière la voix de ces journalistes et écrivains qui mettent leur vie en danger pour garder le droit de dire, le droit de tout dire ? 

 

     Comment ne pas voir qu’à force d’attiser les haines, on étouffe les braises ?

Agnès Perrin
publié le 24/02/2016

Depuis votre intervention devant l’assemblée du CRIF,

nous nous sentons un peu moins seuls, nous les laïques attachés à la Laïcité-séparation, celle de 1905, mais aussi aux lois Ferry-Goblet assurant la neutralité de l’école publique, ou encore aux lois Veil et Taubira, ou à la loi sur la Fin de vie.

Nous nous sentons un peu moins seuls pour refuser, contrairement à une partie de la gauche, l’abrogation de la loi de 2004, interdisant le port de signes religieux ostensibles à l’école, et par voie de conséquence n’autorisant pas la kippa, le foulard islamique ou une grande croix.

Nous nous sentons un peu moins seuls pour soutenir que le voile intégral, qu’il soit appelé niqab ou burqa, est une offense à la dignité des femmes, une forme d’asservissement, et que, pour cette raison, comme le prévoit la loi de 2010, il ne peut pas être porté sur la place publique.

Nous nous sentons un peu moins seuls aussi, quand nous refusons tout « Retour du religieux » dans nos institutions, comme le préconisent ces sociologues, tels Jean Baubérot et Philippe Portier, sans cesse interviewés par les médias, et infatigables donneurs de leçons. Leur suffisance universitaire est pour moi une source quotidienne d’étonnement… D’où vient leur certitude d’avoir raison, eux et eux seuls ?...

Gérard DELFAU

 

Les sénateurs RDSE demandent que la laïcité soit inscrite dans la Constitution.

 

Une proposition de loi constitutionnelle vient d’être déposée au Sénatvisant à inscrire le titre 1 de la loi du 9 décembre 1905 dans la Constitution

Ceci aurait pour effet de définir les contours de la laïcité constitutionnelle qui ne l’est actuellement pas. On cesserait alors de se heurter à l’ambiguïté du texte constitutionnel qui déclare que la France est une République laïque , sans toutefois définir ce qu’est la laïcité. Cette brèche constitutionnelle est largement exploitée par ceux qui souhaitent en finir avec la séparation des Églises et de l’État et demandent que les cultes soient  subventionnés et que les responsables religieux soient partie prenante du débat politique. 

 Martine Cerf

Voir le texte  de la PPL

Le texte a été rejeté par le Sénat le 3 février 2016. Lire

publié le 21/01/2016

Du concret demande l’opinion publique.

 

Pour répondre au contexte dramatique des évènements de janvier et novembre 2015, il faut sans nul doute dépoussiérer notre Constitution qui, à bien des égards, est incomplète, voire désuète.

 
Pour parvenir à un bon projet encore faut-il prendre le soin d’écarter les initiatives qui divisent pour ne retenir que ce qui unit : la laïcité est le ciment de la nation. C’est pourquoi il convient de prendre une initiative forte à son sujet.
Saluons en ce mois de janvier 2016 le dépôt de deux propositions parlementaires.
 
-La première signée de Roger Gérard Schwarzenberg, président du groupe des Radicaux de gauche, tend à ajouter le terme de LAÏCITÉ dans la devise républicaine : comme l’affirme l’exposé de motifs de cette proposition, la devise « exprime l’éthique d’une nation, affirme ses valeurs primordiales, énonce ses principes fondamentaux ». Il s’agit donc  « d’exprimer plus complètement la symbolique républicaine » ; la laïcité peut « faire obstacle à la résurgence des dogmatismes, des intégrismes qui voudraient dicter leur foi à autrui » parfois par la violence hélas éprouvée ces temps derniers par les Français. Le président du groupe "Radical,républicain,démocrate et progressiste" à l’Assemblée nationale  rappelle que la laïcité garantit « la liberté des confessions et des convictions »  et qu’en cela elle fait barrage à la montée des communautarismes qui pourraient fractionner notre société.
Cette proposition est une manière de rappeler le caractère universaliste de la République, de notre République, par ailleurs exprimé dans un moment d’épreuves tragiques par les soutiens venus du monde entier, dont la France a bénéficié suite aux attentats contre Charlie Hebdo. Pour donner plus d’exigence à l’application de ce principe, Schwartzenberg propose aussi d’adosser à la constitution une charte de la laïcité sur le modèle de la charte de l’environnement de 2004.
 
-Dans le même temps le groupe parlementaire RDSE, à majorité radicale de gauche, du Sénat a déposé une seconde proposition de loi constitutionnelle visant à inscrire les principes fondamentaux de la loi du 9 décembre 1905 à l’Article premier de la Constitution.
 
ÉGALE se réjouit de cette ardeur législative que le gouvernement devrait soutenir dans les meilleurs délais pour répondre aux besoins d’unité et de sérénité auxquels dans l’urgence nos concitoyens aspirent.

Bernard Ferrand. 

publié le 07/01/2016

Irresponsables !

Les islamistes, assassins des journalistes de Charlie Hebdo et des clients de l’épicerie casher en janvier, puis les équipes de fanatiques du 13 novembre dernier, tous en lien avec Daesch, avaient un objectif qui fut revendiqué : semer la division et la haine entre Français de religions ou de convictions philosophiques différentes pour affaiblir la patrie des Droits de l’Homme.

 

Or, force est de constater qu’un certain nombre de dirigeants politiques à l’extrême droite, et parfois à droite, font consciemment le jeu de cet extrémisme.

Ainsi le discours de Marine Le Pen annonçant l’invasion imminente de la France par l’armée du soi-disant l’État islamique et la future obligation des femmes de se conformer à la charia, participent de ce jeu détestable. C’est irresponsable, tout comme le sont les élus de droite qui aujourd’hui prennent l’initiative de replacer en mairie des crèches de Noël, en violation de la neutralité des bâtiments publics, qui est notre règle commune depuis plus d’un siècle. C’est une provocation vis-à-vis de citoyens de confession musulmane ou juive et, bien sûr, des athées, et une façon de leur signifier que la Mairie n’est pas  « leur »  maison. C’est une façon d’instrumentaliser la religion à des fins politiciennes : une démarche indigne de leur charge, et dont les croyants catholiques sont aussi les victimes. 

 

C’est pourquoi il faut inlassablement rappeler que c’est grâce à la loi du 9 décembre 1905, concernant la séparation des Églises et de l'État, que la France a retrouvé la paix civile et a mis en place un régime juridique qui protège toutes les religions et toutes les convictions, à condition qu’elles s’inscrivent dans le cadre des lois républicaines.

 

Toute infraction à cette règle chez un élu de la République est à la fois condamnable et dangereuse, car notre capacité à vivre ensemble est fragile.

Gérard Delfau

publié le 04/12/2015

Une guerre pas comme les autres,

une guerre avec un ennemi qui est à la fois à l’extérieur et à l’intérieur,

mais une vraie guerre.

 

Nous, laïques, qui luttons pour nos libertés depuis tant d’années, nous mesurions, combien cela demeurait un combat.

 

Pas parce que nous défendions une « laïcité de combat » comme se plaisent à dire nos détracteurs, mais parce que la conquête des libertés continue de se heurter à l’opposition haineuse de ceux qui voudraient imposer le joug de leur dogme religieux, économique ou politique.

 

Nous l’avons vu pour la conquête de la contraception libre, pour l’autorisation de l’IVG, pour l’égalité hommes/femmes, pour le mariage des homosexuels, pour le choix de sa propre fin de vie.

 

Ces oppositions qui vont jusqu’au meurtre tant le spectacle de nos libertés est insoutenable pour les fanatiques inspirés par Daech.

 

Nous mènerons cette guerre parce que nous n’avons pas d’autre choix.

Nous le ferons au nom de tous ceux que les barbares ont fauchés, comme ça, parce que c’était eux qui se trouvaient sur leur chemin.

Nous garderons leur présence dans nos cœurs et nous gagnerons parce que nous y sommes déterminés et unis.

 

Et nous espérons maintenant retrouver à nos côtés ceux qui jusqu’à maintenant niaient l’existence de fanatiques meurtriers qui se revendiquent d’un islam dévoyé, ceux qui nous traitaient de xénophobes ou d’islamophobes. Ou alors ils apporteront la preuve qu’ils ont eux aussi basculé dans l’obscurantisme, par dogmatisme politique. 

Martine Cerf

publié le 14/11/2015

Le débat plutôt que l’invective ou la caricature

Les vents mauvais du populisme souffleraient-ils aussi sur la gauche ? L’on est en droit de se le demander en lisant les articles qu’une certaine presse de gauche, Libération, le Nouvel Observateur et le site Mediapart pour les citer, consacre à la remise des Prix de la Laïcité décernés par le Comité Laïcité République, que préside Patrick Kessel. 

 

Nous étions environ 800 à participer lundi dernier à cette manifestation dans un salon de l’Hôtel de Ville de Paris. Une manifestation émouvante, empreinte de gravité, dédiée à la mémoire du dessinateur Charb, tombé dans les locaux de Charlie Hebdo sous les balles de jeunes Français en proie au délire des islamistes. 

 

La présidente du jury, Zineb El Razhoui, journaliste dans le même magazine, et qui, il y a quelques années, avait échappé aux prisons du Maroc, a remis le Prix national à Samuel Mayol, directeur de l’IUT de Saint-Denis et victime de menaces de mort pour avoir voulu rétablir la neutralité républicaine dans son service universitaire. Le prix international est allé au grand pianiste turc Fazil Say, inquiété, lui aussi, dans son pays, pour avoir eu l’audace de diffuser sur les réseaux sociaux des vers du grand poète Omar Khayyam.

 

Les interventions se succédaient devant un public attentif et conquis. Toutes, celle du Premier ministre Manuel Valls, qui a clôturé la soirée, celle d’Anne Hidalgo, la maire Paris qui l’a ouverte, celle de Philippe Foussier, représentant le Comité Laïcité République et, bien sûr, celle de Patrick Kessel, ont célébré la laïcité comme gage de la liberté de croire ou de ne pas croire, et comme condition de la paix civile. Chacun évidemment, a eu soin de distinguer l’islam et sa pratique dans le cadre républicain, du projet politique islamique et de ses dérives fanatiques et sanguinaires. La position, en somme, fixée par la loi de séparation des Églises et de l’État en 1905, confirmée par la Constitution, depuis la Libération, et plébiscitée par les immenses cortèges du 11 janvier 2015. Une conception en phase avec le Peuple de France...

Gérard Delfau

publié le 31/10/2015

Une situation préoccupante.

Depuis l’année 2013-2014, M. Samuel Mayol, directeur de cet IUT constate des dysfonctionnements graves qui lui sont signalés par de nombreuses plaintes d’enseignants et d’étudiants. Des programmes ne sont pas respectés, des cours manquent dans des matières fondamentales, etc. Le directeur du département ne répond pas à ses demandes, pas plus que la direction de l’université pourtant alertée. 

 

Un rapport de l’inspection IGAENR diligenté en juin 2014 fait précisément le recensement de ces dysfonctionnements. Il apparaît clairement que M. Samuel Mayol s’est efforcé seul, sans le soutien de sa hiérarchie d’y mettre bon ordre après les avoir signalés. 

 

En marge de ces difficultés, une question touchant directement l’application de la laïcité dans l’établissement est apparue. Comme l’écrit le rapport de l’IGAENR : une association étudiante,  « l’Ouverture », qui vend des sandwichs hallal et occupe un local mis à disposition par l’IUT, en a changé les clés et s’oppose à la demande de la direction de partager ce même local avec d’autres associations étudiantes. On découvre alors des tapis de prière dans un placard de ce local. M. Mayol ferme donc cette salle et interdit la vente de tout produit alimentaire dans l’établissement. La direction de l’université reste sourde à ces faits et continue de laisser à la même association, la disposition d’une autre salle au sein de l’université, jusqu’à ce que l’inspection lui enjoigne de la fermer. 

 

L’IGAENR recommande clairement à la direction de l’Université de renforcer « sa vigilance à l’égard des associations étudiantes telle l’Ouverture qui, sous couvert de vente de produits alimentaires, font du prosélytisme religieux… »...

Martine Cerf

Accès au débat télévisé

publié le 16/10/2015


Le communiqué de presse de la conférence épiscopale

 

publié le 30 septembre laisse pantois.

 

Une fois de plus les dirigeants de l’Église catholique montrent leur profond mépris des femmes en leur déniant toute capacité de jugement quant à la décision d’avorter. Si on peut être d’accord avec eux sur le fait qu’avorter n’est pas anodin, on ne peut que déplorer leur volonté d’empêcher les femmes de décider pour elles-mêmes. 

 

L’Église s’est-elle jamais préoccupée des milliers de femmes qui ont payé de leur vie l’interdiction d’avorter qu’elle a imposée pendant des siècles ?

 

L’Église a-t-elle jamais défendu la vie de celles qui meurent encore dans les pays où l’IVG reste un délit, comme récemment en Irlande ?

 

Jamais, bien sûr. Pourtant si les femmes portent la vie, elles sont, elles aussi, la vie. Si depuis longtemps, et aujourd’hui encore, l’Église privilégie l’embryon au mépris de la détresse et de la vie de la mère, nous, humanistes, nous choisirons toujours de respecter le choix de la femme.

 

A ce titre, la campagne d’information sur l’IVG lancée par le ministère de la Santé, est la bienvenue.

Elle montre que la République laïque avance selon le désir de la majorité des citoyens, et non pas pour suivre un dogme religieux, d’où qu’il vienne.


Martine Cerf

publié le 04/10/2015

La rentrée des classes de ce 1er septembre 2015 marque une double innovation : d’abord l’introduction dans les programmes de l’enseignement moral et civique qui concerne autant les établissements publics et privés et d’autre part, la volonté affirmée de la ministre de l’Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, de transmettre la connaissance du principe de laïcité et de son idéal émancipateur.

 

Cette volonté née après les attentats de janvier s’est vue confirmée par la circulaire de rentrée publiée dans l’été ; dans le rappel de la nécessité de faire réussir tous les élèves en visant la maîtrise de la langue et des mathématiques, en luttant contre le déterminisme social et les discriminations avec le détail des dispositifs mis en place. Elle apparaît également dans le détail des actions qui nourriront le parcours citoyen, de l'école élémentaire à la terminale. La compréhension du principe de laïcité au travers de la Charte de la laïcité à l'École est mise en avant, comme les  comportements individuels et collectifs qui créent la solidarité et le lien social et politique. Chaque membre de la réserve citoyenne est appelé à y apporter sa contribution :

« La réserve citoyenne constitue ainsi, pour l'institution scolaire, l'occasion de mobiliser, au-delà des différentes composantes de la communauté éducative et des acteurs qui interviennent déjà aujourd'hui, les forces vives de la société civile. »

 

ÉGALE a déjà signé un contrat de partenariat avec l’académie de Versailles. Nous développerons ces liens avec d’autres académies. Venez nous rejoindre, intégrez la réserve citoyenne pour participer à cette transmission de la laïcité et des valeurs républicaines, indispensables à la préservation de nos libertés. 

 

Martine Cerf

 

Pour s’inscrire dans la réserve citoyenne : CLIQUER

publié le 01/09/2015

"Réconcilier la société française avec ses musulmans". C’est l’objectif ambitieux fixé à la trentaine de personnalités "de toutes origines et de tous horizons" qui se sont réunies lundi après-midi 22 juin à l’initiative du député PS des Hautes-Pyrénées, Jean Glavany.

 

Dans la continuité de la réunion du gouvernement avec l’Islam de France la semaine dernière, le forum intitulé "République et Islam, ensemble relevons le défi", compte adresser un double appel aux responsables politiques et aux Français de confession musulmane.

Parmi les participants, le président de l’Assemblée Claude Bartolone, le Premier ministre Manuel Valls et la sénatrice PS de Paris Bariza Khiari. Mais aussi des responsables de la société civile : Abdennour Bidar, philosophe, et Jacqueline Costa-Lascoux, politologue et membre de l’Observatoire Rhônalpin de la laïcité.

 

L'intervention de Martine CERF, secrétaire générale d'ÉGALE.

 

Je voudrais parler de ceux et celles dont on ne parle presque jamais, que les médias n’invitent pas ou trop peu, pour qu’on ne les oublie pas dans notre réflexion. Nous sommes dans un État de droit qui adhère à la Convention européenne des droits de l’Homme, et pourtant… je voudrais parler de celles et ceux qui vivent dans la peur et que nous croisons dans la rue sans les reconnaître...

 

 

 

publié le 23/06/2015

L’Observatoire de la laïcité a publié, le 12 mai 2015, un avis sur le régime local des cultes en Alsace et en Moselle. Il y fait 10 recommandations d’évolution, dont les 6 premières reprennent ce que nous demandons depuis longtemps, à savoir l’abrogation du délit de blasphème et la suppression du caractère obligatoire de l’enseignement religieux. Suivent des recommandations de type administratif pour simplifier le fonctionnement…du régime dérogatoire des cultes.

 

Ces timides avancées passeront-elles dans les faits ? C’est au législateur de s’en emparer maintenant.

 

Nous regrettons que l’Observatoire se soit globalement contenté d’une thèse convenue et partisane, énonçant que ce statut est compatible avec la Constitution et ferait l’objet d’un consensus général. On ne pourrait ainsi que le « moderniser » dans ses modalités, mais en refusant de pousser la logique laïque plus loin.

 

Fallait-il passer sous silence le caractère discriminatoire de ce régime puisque l’islam en est exclu ?   Fallait-il accepter le discours de « l’identité alsacienne » qui reposerait sur ce régime dérogatoire alors que nous rappelons que les Alsaciens sont également Français ? Fallait-il occulter la position des Mosellans qui ne se reconnaissent en rien dans cette « identité alsacienne » et demandent une sortie progressive et négociée de ce régime dérogatoire ? Fallait-il refuser de défendre les intérêts du contribuable français qui a la charge du financement de la dette publique et continue de payer pour les salaires des ministres des cultes reconnus ? Fallait-il passer sous silence le rapport commun du Collectif laïque et des associations locales d’Alsace et de Moselle publié le 5 juillet 2012 qui demandait également cette sortie progressive et négociée de ce régime d’un autre temps (rapport transmis à l’Observatoire)?  Fallait-il refuser de signaler que ce régime dérogatoire met la France en danger car elle se trouve, de fait, potentiellement condamnable par la Cour européenne des droits de l’homme ?

 

Nous regrettons que l’Observatoire adopte toujours la même stratégie : passer sous silence ce qui pourrait rencontrer des oppositions et n’avancer que sur ce qui est consensuel.

 

Aussi publions-nous l’audition des associations laïques mosellanes : Cercle Jean Macé de Metz, de la Ligue de l’enseignement Fédération des Œuvres Laïques de la Moselle, de la Ligue des Droits de l’Homme Fédération de la Moselle, des Pupilles de l’Enseignement public de Moselle… que vous ne trouverez pas dans le document officiel de l’Observatoire.

Martine Cerf et Michel Seelig

Voir l’avis de l’Observatoire

Voir l’audition des associations mosellanes 

publié le 22/05/2015

ÉGALE l’avait maintes fois demandé : les crèches privées accueillant des enfants avant leur scolarisation devaient pouvoir, si elles le souhaitaient, exiger de leurs salariés une stricte neutralité religieuse. Françoise Laborde avait fait voter une proposition de loi dans ce sens au Sénat en 2012.

 

 

L’Assemblée vient d’adopter, le 13 mai un texte le garantissant : après son adoption définitive qui fait peu de doute, il sera possible d’inscrire l’obligation de neutralité dans un règlement intérieur.

 

C’est ce qu’a fait Baby Loup et cette crèche exemplaire, ouverte 24h/24, 7 jours sur 7, a dû subir cinq ans de procès contre une salariée qui n’acceptait plus ce règlement intérieur. Cinq jugements dont quatre lui ont donné raison, mais sur la base de considérations différentes, mettant en évidence les imprécisions de notre droit. 

 

C’est grâce à la résistance de l’équipe de Baby Loup et à sa directrice Natalia Baleato qui n’ont pas cédé aux nombreuses pressions, aux prises de position convergentes de personnalités et de politiques, d’associations laïques et de citoyens, que ce texte a finalement pu être voté. 

 

Même tardif, car il aura fallu cinq années pour y arriver, ce vote est, à n’en pas douter, une victoire de la laïcité et de nos libertés.

Martine Cerf

publié le 15/05/2015

À tous ceux qui « dénoncent » une « nouvelle laïcité » ou une « laïcité de combat » ou une « laïcité falsifiée » qui se manifesterait en particulier par une série d’interdits visant principalement la religion musulmane, à tous ces chevaliers blancs de l’ « islamophobie » qui imprègnerait la société française, aux quelques médias qui alimentent à loisir une polémique orchestrée de toutes pièces par les partisans d’une société éclatée en communautés, il serait bon de rappeler l’histoire, qu’ils ignorent ou feignent  d’ignorer.

 

Déjà, en 1936, la propagande politique et le prosélytisme religieux étaient fermement combattus à l’école. Les circulaires de 1936 et 1937 du ministre de l’Instruction publique, Jean Zay, que la France s’apprête à faire entrer au Panthéon, recommandaient la plus grande fermeté face à toutes leurs manifestations et à leurs auteurs. Il écrivait alors : « Tout a été fait dans ces dernières années pour mettre à la portée de ceux qui s'en montrent dignes les moyens de s'élever intellectuellement. Il convient qu'une expérience d'un si puissant intérêt social se développe dans la sérénité. Ceux qui voudraient la troubler n'ont pas leur place dans les écoles qui doivent rester l'asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas ».

 

En affichant la plus grande fermeté, la ministre de l’Éducation nationale, Madame Vallaud-Belkacem, le rectorat, l’académie, la direction du collège Léo-Lagrange de Charleville-Mézières et l’ensemble de ses enseignants ne font que respecter l’intérêt général des élèves et leur droit de bénéficier d’un environnement apaisé pour apprendre. Rien ne permet de mettre en doute leur évaluation de la situation lorsqu’ils affirment qu’il y avait prosélytisme, sauf à adopter une posture idéologique, voire infantile, qui condamne, par principe, les représentants de l’autorité publique. 

Martine Cerf

Lire les extraits des circulaires Jean Zay et rappel de l'article 1er de la loi du 15 mars 2004.

publié le 01/05/2015

Les ministres, Najat Vallaud-Belkacem puis Bernard Cazeneuve, ont eu le mérite d’annoncer des mesures pour l’application concrète du Principe de laïcité et l’amélioration de la cohésion sociale.

Dans la droite ligne laïque, le ministre de l’Intérieur a dit vouloir privilégier les mesures qui rassemblent et nous savons que la laïcité bien comprise est un formidable outil de paix sociale

En particulier, il a appelé à une concertation la plus large possible pour que soient mieux représentés les courants de pensée de nos concitoyens de confession musulmane. Cependant, le ministre a lui-même rappelé que :

« l’État n’a pas vocation à organiser le culte musulman. Il doit fixer des objectifs et des principes.» 

Lire l'interview du ministre, source Le Monde du 25 février 2015

C’est donc dans l’esprit de la loi de 1905 que le ministre demande ce dialogue et appelle tous les Français musulmans à se positionner, mais ce n’est pas à lui de constituer cette instance de façon autoritaire.

 

De la même façon concernant l’Éducation nationale, l’intervention de l’État sera effectivement ciblée sur les disciplines et savoirs qui lui incombent :

la connaissance historique et sociologique des religions, les règles juridiques de leur fonctionnement dans la société, l’histoire et la réalité du principe de laïcité, mais jamais il ne pourra s’agir d’un enseignement théologique ou dispensé par des représentants des cultes.

 

À ces conditions, la volonté de rendre ce diplôme obligatoire pour tous les aumôniers va dans le bon sens.

Même logique lorsque le ministre de l’Intérieur propose la création d’une fondation censée approfondir la connaissance de l’islam, indépendamment de l’aspect cultuel. Il s’agirait, selon le ministre, d’un objectif fixé par l’État, ce qui n’implique pas qu’il en sera l’opérateur.

Martine Cerf

 

publié le 06/03/2015

La conférence de presse que vient de tenir le Président de la République, le 5 février, tout entière consacrée au thème :

« Ma mission, c'est l'unité »,

confirme que la loi de séparation des Églises et de l'État reste le socle de la laïcité.

Prenant appui sur l'impressionnante mobilisation du peuple de France, le 11 janvier, François Hollande  récuse toutes les voix qui, généralement à droite, et parfois gauche, reviennent à l'antienne de Nicolas Sarkozy (La République, les religions, l'espérance, 2004), selon laquelle il faudrait « réviser » la loi de 1905, devenue « obsolète », en raison du développement de la religion musulmane dans notre pays. Au même moment, Jean-Louis Debré, Président du Conseil constitutionnel, réaffirme, lui aussi, son attachement au Principe républicain :

« Pour moi, la laïcité n'est pas négociable ».

Le drame de nos sociétés actuelles, c'est qu'on n'est pas assez offensif sur ce principe », a-t-il aussi déclaré lors de l'émission Questions d'infos LCP-France Info-Le Monde-AFP.

 Il est important que les  représentants des deux grandes institutions de la République, alors qu’ils sont de surcroît de sensibilité politique différente, convergent dans cet appel à l’unité nationale. De l'interview de Jean-Louis Debré, je détache aussi ce constat, qui prend le contre-pied d'une idée à la mode :

«dans les écoles, « plus que le fait religieux, c'est la laïcité qu'il faut enseigner »,

et il ajoute : « car, face à l'affrontement des religions, les philosophes des Lumières et les Révolutionnaires avaient bien compris que la bonne façon d'apaiser choses, c'était la laïcité ».

Bien sûr, à droite, la thèse Sarkozyste continue d'alimenter les prises de position : lors d'une réunion de parlementaires, j'ai entendu un député UMP de Moselle reprendre l'adjectif « obsolète » à propos de la loi de 1905 et nous vanter la « modernité » du régime dérogatoire des cultes,  appelé Concordat…Gérard Delfau

publié le 08/02/2015

Par Agnès Perrin, Membre d'ÉGALE

La laïcité au cœur de l’école

Le texte publié le 22 janvier sur le site du ministère propose une rapide analyse de la crise que traverse la nation française et avec elle son école. Il énonce 11 mesures destinées à renforcer l’école dans la lutte pour faire vivre nos valeurs républicaines. Ces mesures étaient attendues et seront discutées. ÉGALE vous livre son analyse d’un texte globalement très positif. Un constat ancré dans le réel. 

L’introduction rappelle sans concession que l’École n’est ni une tour d’ivoire, ni un sanctuaire protégé. Elle ne peut à elle seule réduire les inégalités et engager les enfants, les adolescents et les jeunes adultes dans le projet républicain, quand la société peine à le mettre en œuvre.
Il était urgent qu’un Ministre de l’Éducation Nationale l’affirme haut et fort. 

En effet, il est assez facile et courant de demander à l’École de réparer les fractures et les dysfonctionnements sociaux. Il est beaucoup plus complexe d’admettre que si elle y parvient avec difficulté, voire si elle échoue sur certaines de ses missions essentielles, elle n’en porte pas l’entière responsabilité.

Deux points de cette introduction ont retenu particulièrement notre attention et ÉGALE veillera et agira pour que ce discours ne reste pas lettre morte :

1- Le rôle et la place de l’École dans la République sont « inséparables de sa capacité à faire vivre et à transmettre la laïcité. » et de ce fait que l’École doit rester indissociable de la République pour répondre au « défi républicain ».

2- La mobilisation des valeurs de la Républicaine est celle de toute l’École y compris l’enseignement agricole et l’enseignement privé sous contrat...

publié le 23/01/2015

Il y a trois mois, en novembre, nous avions relayé à la « Une » du site l’Appel à soutien, qu’avait lancé Charlie hebdo,

en proie à de graves difficultés financières. C'était notre façon d'exprimer notre adhésion au combat de l'hebdomadaire contre l'obscurantisme, le fanatisme, et tous les cléricalismes, sans exception. Aujourd'hui, pour rendre hommage aux victimes de la barbarie islamiste, nous avons choisi de reproduire l’édito de Gérard Biard, rédacteur en chef du journal. Son thème : la  « laïcité, point  final »,

Par Gérard DELFAU et Martine CERF, le 18 janvier 2015

publié le 18/01/2015

Historique, en effet, ce 11 janvier 2015.

 Ce jour-là, la France du Siècle des Lumières, de 1789, et de la loi de Séparation des Églises et de l’État, a réaffirmé aux yeux du monde que son message est universel et que son Peuple entend le faire vivre contre toutes les formes de fanatisme religieux. 

 

Oui, la laïcité française éclaire le monde.

Gérard DELFAU, ce 12 janvier 2015

publié le 12/01/2015

Douze de nos amis viennent de payer de leur vie pour avoir affirmé haut et fort que la liberté d’expression n’était pas négociable. 

Nous pensons avec douleur à leurs vies fauchées et à leurs familles. 

La seule réponse que nous leur devons est de rester déterminés à faire reculer la barbarie, tous ensemble. Le Bureau d’ÉGALE

 

 

publié le 09/01/2015

un exemple de raisonnements confus

 

A la suite des propos de la Ministre de l’enseignement, qui demandait que les femmes voilées puissent accompagner les sorties scolaires, le Collectif laïque a publié un communiqué sur la nécessité de préserver la neutralité des enseignements à  l’école publique et donc que les parents accompagnateurs de sorties scolaires la respectent pleinement. Bien évidemment, le Collectif laïque a essuyé quelques accusations « d’islamophobie » ou de volonté « d’uniformiser » la population par refus des particularités de chacun.

publié le 12/12/2014

Madame Najat Vallaud-Belkacem, dans son discours au Collège de France, le 9 décembre, a recentré le débat laïque sur ses enjeux essentiels.

Nous ne pouvons que nous réjouir que la Ministre ait réaffirmé que la laïcité est la « colonne vertébrale » de l’école et annoncé un certain nombre de mesures visant à développer l’enseignement de la laïcité dans la formation des enseignants et auprès des élèves. Nous continuons de regretter que seul le cadre laïque des sorties scolaires manque de clarté et soit laissé à l’appréciation des directeurs d'établissements ou des enseignants. Si nous ne mettons pas en doute la capacité de la plupart d'entre eux de bien gérer les situations, nous savons d'expérience qu’en cas d'incident, ils se retrouveront seuls devant les difficultés.

La Ministre a évoqué trois chantiers, dont nous avons signalé l’importance à plusieurs reprises et qui renforcent la réalité de l'enseignement de la laïcité dans la formation des enseignants et l'utilisation réelle de la charte de la laïcité, au-delà de son simple affichage. La Ministre semble avoir pris la mesure de la distance qui sépare les intentions de leur réalisation effective sur le terrain et se donne les moyens d’y remédier.

Un autre aspect reste en suspens : celui de l’implantation des écoles, collèges et lycées publics. Trop de communes, conseils généraux ou conseils régionaux refusent encore de financer l’ouverture de tels établissements, malgré les demandes pressantes de parents, obligés d’inscrire leurs enfants dans le privé. Est-ce un hasard si c’est dans ces mêmes régions que sont apparues des revendications dites « culturelles » pour installer des symboles religieux dans les édifices publics ? 
L’État doit se substituer à ces collectivités territoriales défaillantes, comme la Constitution l’y oblige. C’est à ce type d’avancées que se reconnaît un gouvernement de gauche.

Martine Cerf

Lire le discours de Madame la Ministre.

Baby Loup est sauvé… jusqu’à 2016

Édito du 30 octobre 2014

Il y a une quinzaine de jours, quand nous sommes allés à Conflans-Sainte-Honorine pour rencontrer Natalia Baleato, nous savions que sauver Baby Loup serait difficile.

Dons à adresser à :

Association Baby-Loup/Dons - 1, rue Camille-Pelletan, 78700 Conflans-Sainte-Honorine.

publié le 30/10/2014

Rajoy retire son projet de loi contre l'avortement.

Martine Cerf

publié le 24/09/2014

Le journal espagnol en ligne, elmundo.es 

annonce dans un article daté du 14 septembre que le gouvernement a l’intention d’enterrer le projet de loi qui prévoyait d’interdire à nouveau aux femmes espagnoles d’avorter librement.

publié le 24/09/2014

Les derniers changements de ministres, s’ils ont été rapides, n’en sont pas moins pertinents et nous avons de quoi nous réjouir.

À l’Éducation nationale, une grande œuvre avait été amorcée par Vincent Peillon avec la refondation de l’école, la charte de la laïcité, la restauration de la formation des enseignants, la mise en place des ABCD de l’égalité. Nous avons craint, avec les comportements plus ambigus de Benoit Hamon que ces avancées ne soient abandonnées en partie, faute de détermination suffisante à tenir tête à des mouvements conservateurs qui ne cherchent qu’à ruiner l’école publique

publié le 31/08/2014

Ni haine ni racisme dans la République laïque

 

 

Il y a plus de dix ans que des voix s’élèvent pour dénoncer la montée de l’antisémitisme parmi certains élèves à l’école. Pour dire aussi que des enseignants renonçaient à parler de la Shoah ou à évoquer la laïcité en classe. Il ne faut donc pas s’étonner de voir la parole antisémite libérée et d’assister à des agressions qui ne sont que la concrétisation d’une haine savamment entretenue par les mouvements fondamentalistes et djihadistes.

 

Nous ne le dirons jamais assez : le racisme doit trouver tous les républicains laïques unis pour le combattre, partout où il se terre, et quelques soient les causes qu’il adopte comme camouflage. Défendre le droit du peuple palestinien à disposer d’un Etat ne saurait justifier la haine pour ceux qui soutiennent le droit de l’Etat d’Israël à se défendre et inversement. Il n’est pas dans notre propos de prendre position au sujet du conflit israélo-palestinien, et nous n’exprimerons que la conviction que la paix devrait être le seul objectif à poursuivre. Nous y ajouterons pourtant que la poursuite de la « colonisation » des terres arabes et le refus du Hamas d’entrer dans le processus de paix sont conjointement facteurs de guerre.

 

La laïcité en France, affirme que la loi est à respecter par tous les citoyens, qu’aucune croyance ou conviction ne saurait s’appliquer au-dessus d’elle ; cette loi qui a fait de l'expression de l’acte raciste un délit ».


 La République proclame la fraternité et proscrit la haine de l’autre. C’est cela qu’il faut enseigner à l’école, sans la moindre faiblesse. Il en va de l’avenir de notre société et du vivre ensemble.

 

Martine Cerf, le 28 juillet 2014

Monsieur le Premier ministre,

Vous avez décidé de représenter personnellement la France à la cérémonie religieuse de canonisation de deux papes au Vatican. Cet acte symboliquement fort est extrêmement choquant pour les laïques que nous sommes. 

La majorité des Français, croyants athées ou agnostiques sont favorables au respect de la laïcité dans notre pays et refusent de voir revenir un ordre ancien où l'Église tenait un rôle politique...

Gérard Delfau - Martine Cerf  [Lire la lettre]

Un commentaire de Danièlle Sallenave de l'Académie Française.

France Culture du 25 avril 2012 [Lecture de l'émission  audio]

ÉCOUTER    

publié le 26/04/2014

La voix puissante de Marc Blondel s'est éteinte. Il incarnait une certaine conception du syndicalisme, inspirée de la Charte d'Amiens. Il présidait avec talent et fougue la Fédération de la Libre Pensée. Jusqu'à ses derniers jours, il a sillonné la France et l'Europe pour promouvoir la liberté absolue de conscience et la laïcité. Il nous quitte, mais il nous laisse un message : le combat pour la République continue dans la tradition des Lumières et de 1789.

Gérard DELFAU le 17 mars 2014

Cela ne finira donc jamais. Assassiné par trois miliciens qui l’extraient de sa cellule de la prison de Riom, le 20 juin 1944, Jean Zay l’est une seconde fois sur la toile par des hommes de mauvaise volonté qui se réclament de la même idéologie que « Ces trois-là ». Ne comptez pas sur nous pour vous donner le lien, mais sachez seulement que le jour même où on annonçait que les restes de Jean Zay ...

Marc Horwitz

publié le 23/02/2014

Ce mardi 18 février 2014, dans notre belle République indivisible, laïque, démocratique et sociale, s'ouvre à Strasbourg, devant le tribunal correctionnel, un procès d'un autre âge.

Michel Seelig

publié le 18/02/2014

Appel aux présidents des assemblées parlementaires.

Le Comité Laïcité République organisait ce 8 février à l’Assemblée nationale un colloque sur le thème « La gauche, la droite et la laïcité : pourquoi tant d’atermoiements ? ». Outre des témoignages d’universitaires et de spécialistes de la laïcité, il réunissait aussi des parlementaires ou anciens parlementaires, anciens membres de différents gouvernements, de droite comme de gauche. Tous ont déploré que la laïcité ne soit pas mieux défendue, affirmée et garantie car tous considèrent, au-delà de leurs (...)

Appel soutenu par EGALE

publié le 08/02/2014

Ils étaient 17.000 parait-il, ce 26 janvier, à crier leur colère contre la gauche, incapables d’accepter l'alternance démocratique.

17.000 à penser que la liberté consiste à imposer leurs principes minoritaires au reste de la population, par la force s’il le faut.

Martine Cerf 27 janvier 2014

publié le 27/01/2014

à l’entrée des établissements, en violation de la loi Debré et en contradiction avec l’esprit républicain.

Une étude récente du CNRS, révélée par la presse, démontre scientifiquement ce que nous savons tous : l'enseignement privé discrimine les enfants dont le patronyme est à consonance arabe, et plus largement les enfants des familles les plus pauvres. Il sélectionne au profit des classes aisées. Il organise la ségrégation sociale grâce à l'argent des contribuables.

Gérard Delfau 15 janvier 2014

publié le 15/01/2014

L'épisode du Rapport sur l'Intégration et le cafouillage gouvernemental qui s'en est suivi ont eu paradoxalement un effet bénéfique, dû, il est vrai, à l’intervention rapide du Président de la République.

publié le 16/12/2013

Cette idée avait déjà été proposée depuis longtemps par de nombreuses associations laïques et obédiences maçonniques.

Égale en avait fait un objectif dans sa feuille de route pour l'année 2013, votée par l'Assemblée générale du 18 octobre 2012. Nous l’avions également recommandé dans le livre : « Ma Liberté c'est la Laïcité » : un jour non chômé ni férié qui permettrait de «consacrer un temps à la pédagogie et à la réflexion sur la laïcité, à l'école où s'ébauche la réflexion individuelle, mais aussi au collège et au lycée.»

 

Le Sénat avait voté le 31 mai 2011, à une très large majorité, une proposition de résolution dans ce sens, mais ce texte n'a jamais été discuté à l'Assemblée nationale. Pourtant s'il était proposé, il trouverait sans aucun doute une majorité consensuelle pour l'appuyer.

 

L'observatoire de la laïcité vient d'en faire la recommandation ce 19 novembre. Dans un avis adopté par consensus qui reprend très exactement les mêmes arguments que ceux que nous avions avancés et on ne peut que s'en réjouir ; peut-on désormais espérer voir ce projet aboutir avant la fin de l'année 2013 ? Peut-on même aller jusqu'à imaginer que ce vote se déroulera symboliquement le 9 décembre 2013 à l'Assemblée nationale ? Rien n'interdit de l’espérer.

Martine Cerf

 

[Voir l'avis de l'observatoire de la laïcité]

 

publié le 27/11/2013

Des questions de fond ont été posées à la Cour d’Appel de Paris

Le 17 octobre au matin, les débats ont été d’une haute teneur comme l’a fait remarquer le premier Président de la Cour, M. Jacques Degrandi. L’avocat de la plaignante  a longuement exposé sa version des faits soulignant à plusieurs reprises que : « le contexte a très bien été analysé par l'observatoire de la laïcité ». 

publié le 17/10/2013

Nous étions déjà satisfaits par le principe d’une charte de la laïcité à l’école, nous le sommes maintenant par son contenu.

Martine Cerf

publié le 09/09/2013

Répondre oui pour la restriction d’une liberté implique cependant que l’on soit précis

sur les conditions d’application de cette restriction et que le cadre soit le même pour tous

Martine Cerf

 

publié le 29/03/2013

Défendre la laïcité ? Égale fait sa part et vous que faites-vous ?  [Allez-y...]

La Cour de cassation met en évidence l’urgence de voter la proposition de loi Laborde

 Si une crèche privée décide d’appliquer la laïcité pour respecter le principe de neutralité dans la formation des enfants, elle n’en a pas le droit.

Défendre la laïcité ? Égale fait sa part et vous que faites-vous ?  [Allez-y...]

publié le 20/03/2013

Extrait. Un deuxième sujet me préoccupe,

c'est le débat sur la nécessaire généralisation de la loi de séparation des Eglises et de l'État à l'ensemble du territoire national. Un siècle après son adoption,

publié le 13/03/2013

Plusieurs signes forts montrent que les bases d’une autre société sont en train de se constituer.

Le gouvernement sort la politique de l’immédiateté pour poser les fondations de notre société future : plus égalitaire, plus juste et nous l’espérons encore, plus respectueuse de la laïcité.

Lire la suite de l'éditàrial de Martine Cerf, Secrétaire Générale

 

publié le 05/03/2013

En  tant qu'ancien enseignant et, en tant qu'ancien maire et parlementaire,

pour qui la défense de l'école publique et de la laïcité fut et reste le combat prioritaire, je tiens à dire mon soutien total à la démarche de Vincent Peillon.

Gérard Delfau

publié le 11/02/2013

qui fait faire à la nation un pas de plus sur le long chemin de la laïcité.

L’amendement n° 4361 qu’il a fait adopter à l’Assemblée nationale réaffirme le caractère républicain de l’État civil, ce qui se révèle particulièrement opportun face à une droite conservatrice qui a proposé des amendements qu’on aurait pu croire d’un autre temps, amendements visant à autoriser le mariage religieux sans mariage civil !

Gérard Delfau

publié le 03/02/2013

Un immense merci au député Alain Tourret (RRDP, Calvados), qui fait faire à la nation un pas de plus sur le long chemin de la laïcité.

L’amendement n° 4361 qu’il a fait adopter à l’Assemblée nationale réaffirme le caractère républicain de l’État civil, ce qui se révèle particulièrement opportun face à une droite conservatrice qui a proposé des amendements qu’on aurait pu croire d’un autre temps, amendements visant à autoriser le mariage religieux sans mariage civil !
Décidemment les Radicaux font vivre le legs de 1905 et sont ainsi fidèles à leurs grands ancêtres.
Gérard Delfau

publié le 03/02/2013

 Merci M. Peillon de rappeler fermement, ce 4 janvier 2013, à l’Eglise catholique

qu’elle doit, elle aussi, respecter le principe républicain de laïcité et s’abstenir de toute ingérence politique aux côtés de la droite et de l’extrême droite, en prenant en otages  les enseignants, les parents et les élèves des établissements privés sous contrat.

Martine Cerf

publié le 05/01/2013

Guy Georges, grande figure du syndicalisme enseignant, nous nous fait parvenir l'étonnant « Communiqué du Secrétariat général de l'enseignement catholique » (14/12/12),

distribué par un lycée privé sous contrat. S'adressant aux 8500 écoles catholiques et à l'ensemble de leurs « communautés éducatives », c'est-à-dire aux enseignants, parents et élèves, ce texte est un appel, à peine déguisé, à la manifestation du 13 janvier contre le projet de « mariage pour tous », porté par le gouvernement et approuvé par les deux tiers des Français. Gérard Delfau

publié le 20/12/2012

 Il se passe quelque chose d'extraordinaire :

le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, a entrepris de redonner à l'école publique une place centrale dans la République, après des décennies où les gouvernements de droite et de gauche (hélas) avaient favorisé l'école privée confessionnelle au détriment de l'école de tous. Il le fait calmement, sans éclats de voix, mais avec détermination. Et ses principales orientations ou décisions méritent d'être rappelées, pour que soit soulignée la cohérence de l'action.

Gérard Delfau

publié le 16/12/2012

A l’occasion du 107 anniversaire de la loi du 9 décembre 1905

et donc du rappel solennisé dans de multiples collectivités territoriales des bienfaits républicains de la laïcité, EGALE ne peut qu’être particulièrement sensible et appuyer la proposition du Président de la République faite ce 9 décembre 2012 au palais de l’Elysée : après avoir rappelé que la loi de 1905 permet de répondre aux enjeux du temps présent le Chef de l’Etat a annoncé la mise en place en 2013 de l'Observatoire national de la laïcité dont le principe était acquis depuis 2007 sans avoir jamais été traduit. Cet observatoire aura au-delà des fonctions prévus dans son décret de création la charge de formuler des propositions sur la transmission de «la morale publique » pour lui donner une place digne d'elle au sein de l'école.

Message de Bernard Ferrand Vice Président (10/11/12)

publié le 10/11/2012

Monsieur le Ministre, aujourd'hui, ce n'est pas très beau à dire, nous sommes jaloux.

Jaloux que vous vous déplaciez pour la seconde fois ? pour une cérémonie de béatification, cette fois-ci au Vatican.

Nous, à EGALE, on aimerait bien que vous ayez un geste pour les citoyens laïques de temps en temps. Vous pourriez par exemple annuler la circulaire Guéant sur l’installation des conférences départemenAtales sur la liberté religieuse, ou mettre en place cet observatoire de la laïcité dont on parle depuis huit ans ou encore décider que tous les 9 décembre serait journée nationale de la laïcité… Enfin vous voyez les sujets ne manqueraient pas. Mais comment vous donner envie de nous rendre visite ?......

Martine Cerf, 21 octobre 2012

 

publié le 21/10/2012

Nous nous réjouissons de la très nette victoire de François Hollande.
Elle le consacre homme d’État. Grâce à lui, la France s’est ressaisie.

Elle le consacre homme d’État. Grâce à lui, la France s’est ressaisie. Il était temps.

Nous ne sommes pas près d’oublier ce quinquennat, qui fut inauguré par la création d’un Ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration, qui s’est poursuivi par le Discours de Grenoble et la stigmatisation des Roms, et qui s’est achevé par la quête humiliante de l’électorat du Front national au prix de l’abandon du consensus républicain. 

Gérard Delfau, 

publié le 21/05/2012

Voici un bel exemple du glissement sémantique du ministre de l’intérieur,

de « liberté de conscience » vers « liberté religieuse »
La manœuvre est redoutablement efficace : d’abord se revendiquer de la laïcité, puis aboutir à la réintroduction des religions dans le débat sociétal, puis justifier un régime de cultes reconnus. 
En Alsace Moselle, cela s’appelle le concordat et n’a plus rien à voir avec la laïcité. Lire

Martine Cerf

 

publié le 17/04/2012

Le changement ne se fera pas sans nous.

En ce matin de Pâques, je ne connais pas l’issue du scrutin. Mais j’ai une certitude, tirée de ma longue expérience. La politique à venir dépend beaucoup de notre mobilisation. Le changement, désormais possible, ne se fera pas sans nous.

Or, en quelques années, Égale s’est donné les moyens de peser sur le cours des choses.  Nous avons fait entendre un message original : Égalité, Laïcité, Europe...

Gérard Delfau, Président

publié le 08/04/2012

il se croit en 1801 !

Lorsque Napoléon Bonaparte, alors premier consul, signe le Concordat avec l’Église catholique, son intention est claire : se rapprocher de l’Église afin d’en faire une alliée et la contrôler. En échange de l’abandon des biens ecclésiastiques, le gouvernement salarie les évêques et les curés. Mais même alors, l’État restait neutre; il ne se prononçait  jamais sur un culte ou sur un dogme.

Martine Cerf

publié le 08/03/2012

... de faire entrer le loi de 1905 dans la Constitution...

Nous approuvons la proposition du candidat socialiste, d'intégrer les principes de la loi de Séparation à la Constitution, mais dans le même temps nous refusons toute tentative d’inclure le statut concordataire de l’Alsace Moselle et de la Guyane dans la Constitution, fût-ce à titre dérogatoire.

Gérard Delfau et Martine Cerf

publié le 29/01/2012

« Tout ça, pour ça ! »,

aurait-on envie de dire au lendemain de la convention de l’UMP sur la laïcité, voulue par Jean-François Copé et encouragée par Nicolas Sarkozy.
par Gérard Delfau, Président d'EGALE

publié le 08/04/2011

A propos de la laïcité

Il y a, dans la gesticulation quotidienne de Nicolas Sarkozy et de Jean-François Copé, à propos de la laïcité, un instinct de mort qui menace notre démocratie.

Gérard Delfau

publié le 16/03/2011

Voilà, c’est fait, ce que nous pensions ne plus entendre a été dit,cet été, par le Président de la République :

menace de déchéance de la nationalité pour des Français un peu moins égaux que d’autres et désignation à la vindicte des Roms, groupe fragile entre tous, bouc émissaire idéal et sans risque.

Martine Cerf, Secrétaire Générale

publié le 14/08/2010

....dans l'espace public, c'est réaffirmer la dignité et l'égalité de la femme.

publié le 19/05/2010



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